Hérédité liée au sexe et arbres généalogiques : identifier le mode de transmission et calculer un risque
C'est le bloc le plus rentable du concours : quelques règles mécaniques suffisent à trancher un croisement, à lire un arbre généalogique et à sortir un risque chiffré. On part du chromosome, on installe les six modèles de transmission, puis on apprend la « machine à décider » qui, face à n'importe quelle famille, donne le mode d'hérédité et la probabilité.
1Le sexe tient à une paire de chromosomes
Chez l'être humain, chaque cellule contient 46 chromosomes, soit 23 paires. Vingt-deux de ces paires sont les mêmes chez l'homme et chez la femme : ce sont les autosomes. La 23e paire, elle, diffère selon le sexe : ce sont les chromosomes sexuels (ou hétérochromosomes).
- Autosomes : les chromosomes identiques dans les deux sexes (paires 1 à 22 chez l'humain).
- Hétérochromosomes (chromosomes sexuels) : la paire qui détermine le sexe, X et Y.
La femme est XX (deux X), l'homme est XY (un X, un Y). Le même système existe chez la drosophile — la mouche de Morgan qui sert de fil rouge à ce chapitre.
Le point décisif : le chromosome Y est petit et ne porte pas les mêmes gènes que le X. Pour la quasi-totalité des gènes situés sur le X, il n'existe pas d'allèle correspondant sur le Y. Conséquence énorme, sur laquelle repose tout ce qui suit :
Pour un gène porté par le X, la femme possède deux copies (une par X) : elle est diploïde pour ce gène, comme pour un gène autosomique. L'homme n'en possède qu'une seule (son unique X) : on dit qu'il est hémizygote. Il n'a donc jamais de second allèle pour masquer le premier.
« Hémi » = moitié. L'homme ne joue qu'avec une seule carte pour les gènes du X ; la femme en a deux. C'est pour cette raison qu'un allèle récessif porté par le X frappe bien plus souvent les garçons (nous le démontrerons au §3).
À quoi ressemblent ces chromosomes ?
- Paires 1 à 22 : les autosomes. Ils sont identiques chez la femme et chez l'homme — le sexe ne s'y lit pas.
- En bas à droite, « X X » : la paire sexuelle de la femme (deux X de même taille).
- « X Y » : la paire sexuelle de l'homme. Le Y est le petit bâtonnet à droite, bien plus court que le X : il porte très peu de gènes.
- Les inscriptions minuscules (1p36, Xq21…) sont les noms des bandes du chromosome — inutile de les lire ici ; on ne retient que l'allure d'ensemble.
Un allèle porté par le X se note en exposant du X. Le Y, qui ne porte pas le gène, s'écrit seul.
- : chromosome X portant l'allèle dominant (ici le sain), noté en exposant ;
- : chromosome X portant l'allèle récessif (ici le muté) ;
- : chromosome Y, écrit sans exposant — il n'a pas de partenaire pour ce gène.
Exemples de lecture : = femme hétérozygote (deux copies, une de chaque) ; = homme hémizygote portant l'allèle muté.
Ne jamais écrire l'allèle « à côté » du Y (pas de ). Le Y ne porte pas l'homologue : oublier cela est l'erreur no 1 en croisement lié au sexe.
2Morgan et la drosophile : le croisement réciproque trahit le X
Comment sait-on qu'un gène est sur le X ? On le prouve par un croisement réciproque : on croise le caractère dans un sens (femelle atteinte mâle sain), puis dans l'autre (femelle saine mâle atteint). Si le gène est autosomique, les deux croisements donnent le même résultat. S'il est sur le X, les deux résultats diffèrent : c'est la signature.
En 1908, Thomas H. Morgan étudie à l'université Columbia la drosophile (mouche du vinaigre). Dans une souche sauvage aux yeux rouges, il repère un mâle mutant aux yeux blancs (mutation nommée white). Ses croisements fondent la génétique moderne : prix Nobel 1933.
- : allèle sauvage, yeux rouges, dominant ;
- : allèle muté, yeux blancs, récessif.
Le gène est sur le X. Une femelle rouge homozygote s'écrit , un mâle blanc .
- Gène autosomique les deux croisements réciproques donnent le même résultat (symétrie).
- Gène lié au X les deux croisements donnent des résultats différents (asymétrie), et le phénotype récessif « saute » d'un sexe à l'autre selon le sens du croisement.
Dans le croisement 2, la mère est : tous ses fils reçoivent d'elle un et du père un , donc = yeux blancs. Les filles reçoivent le du père : elles sont rouges. Un fils tient toujours son X de sa mère : voilà l'origine de l'asymétrie. Impossible avec un gène autosomique, où le fils reçoit un allèle de chacun des deux parents.
La suite de « Hérédité liée au sexe et arbres généalogiques : identifier le mode de transmission et calculer un risque » est prête.
Ce cours reste 100 % gratuit — comme les 61 cours de la bibliothèque. Ton compte les ouvre tous et sauvegarde ta progression ; tu reprends ta lecture exactement ici.
- 3. L'hérédité récessive liée à l'X : la règle d'or
- 4. Panorama : les six échiquiers à savoir dérouler
- 5. Lire un arbre généalogique et calculer un risque
- … et 1 de plus
Gratuit · Sans mot de passe · Sans carte bancaire — juste ton email.
Déjà un compte ? · Le Pack en détail
