BiologieFiche 6.7 · Micro-évolution, dérive, coévolution, convergence : le vocabulaire qui rapporte des points
Biologie · Chapitre 6 · Fiche 7/7Évolution : de l'origine de la vie à la diversité du vivant

Micro-évolution, dérive, coévolution, convergence : le vocabulaire qui rapporte des points

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Cette fiche ferme le chapitre « Évolution ». On y range, une fois pour toutes, le vocabulaire que le concours adore piéger : l'échelle (micro- vs macro-évolution), les moteurs (mutation, sélection, dérive), le jeu à deux (coévolution) et le faux-jumeau (convergence). Chaque terme est défini, illustré, puis opposé à celui qu'on lui confond.

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1Micro- vs macro-évolution : d'abord une question d'échelle

L'évolution ne se joue pas à une seule échelle. On sépare son étude en deux niveaux, non pas parce que les mécanismes changent, mais parce que la grandeur de ce qu'on observe change.

Définition1.1micro-évolution / macro-évolution
  • Micro-évolution = les changements évolutifs qui ont lieu au sein d'une même espèce. Concrètement : la modification, de génération en génération, des fréquences alléliques d'une population.
  • Macro-évolution = les phénomènes qui ont lieu au-dessus du niveau de l'espèce : apparition de nouvelles espèces, de genres, de grands groupes, extinctions massives…

L'intuition. La micro-évolution, c'est zoomer sur une population : quels allèles y deviennent plus ou moins fréquents ? La macro-évolution, c'est dézoomer jusqu'à voir l'arbre du vivant se ramifier. Même moteur, deux focales.


La même règle sépare les deux : ce qui reste dans l'espèce est micro-évolutif ; ce qui la dépasse est macro-évolutif.

Le couple de mots qui structure tout : caractère ancestral / caractère dérivé

Pour parler d'évolution, il faut savoir dire d'un caractère s'il a bougé ou non. D'où deux étiquettes qu'on pose sur n'importe quel caractère.

Définition1.2caractère ancestral vs caractère dérivé
  • Caractère ancestral : un caractère qui n'a pas subi de modification au cours de l'évolution. Il est hérité tel quel de l'ancêtre.
  • Caractère dérivé : un caractère nouveau, qui provient de la modification d'un caractère ancestral. Il apparaît sur une branche et se transmet ensuite à tous les descendants de cette branche.
Remarque

« Ancestral » et « dérivé » ne sont pas des étiquettes absolues : ils se disent par rapport à un point de comparaison. Un caractère dérivé pour un grand groupe peut redevenir le point de départ (ancestral) à l'intérieur d'un sous-groupe. On compare toujours à quelque chose.


Un caractère dérivé apparaît en un point (nœud vert) puis est hérité par toute la descendance de ce point (ici B et C). L'état de départ, inchangé chez A, est l'état ancestral.

Ce que la micro-évolution mesure vraiment

Dire « l'espèce évolue » est vague. Le biologiste, lui, mesure une quantité précise : la fréquence d'un allèle dans une population. La micro-évolution, c'est cette fréquence qui change au fil des générations.

Formule1.1fréquence allélique : la grandeur que suit la micro-évolution

Pour un gène à deux allèles AA et aa dans une population :

p+q=1p + q = 1
où :
  • pp = fréquence de l'allèle AA : la proportion des copies du gène qui sont AA (entre 00 et 11, soit 0 aˋ 100 %0\text{ à }100\,\%).
  • qq = fréquence de l'allèle aa : la proportion qui sont aa.
  • Micro-évolution = pp (et donc qq) qui se déplace de génération en génération. Si pp passe de 0,50{,}5 à 0,80{,}8, l'allèle AA s'est répandu dans la population : elle a micro-évolué.
Remarque

La micro-évolution s'observe surtout dans de petites populations isolées : moins il y a d'individus, plus une même cause fait bouger pp vite et fort (on verra pourquoi avec la dérive).

Les causes agissent ensemble, jamais seules

Ces déplacements de fréquences alléliques ont plusieurs causes qui agissent simultanément. Il faut les connaître par cœur, car le concours teste précisément le fait qu'aucune n'agit toute seule.

Propriété1.1les moteurs de la micro-évolution

Les fréquences alléliques d'une population changent sous l'effet, combiné, de :

  1. les mutations — elles créent en permanence de nouveaux allèles ;
  2. la dérive génétique — le hasard pur trie les allèles ;
  3. la sélection naturelle (ou artificielle) — l'avantage trie les allèles ;
  4. (et le flux génique — l'arrivée/départ d'individus migrants).
Attentionle piège nº 1 de tout le chapitre

La sélection naturelle n'est pas le seul facteur d'évolution d'une population. La dérive, les mutations et le flux génique font aussi bouger les fréquences alléliques. Toute question qui présente la sélection comme « le seul facteur permettant l'évolution » est fausse.

2Les moteurs à ne jamais confondre : sélection vs dérive

Deux moteurs déplacent les allèles en triant ceux qui existent déjà. Ils font la même chose en apparence (ils changent pp), mais pour des raisons opposées. Les distinguer, c'est trois ou quatre points garantis.

La sélection naturelle : un tri par l'avantage

Définition2.1sélection naturelle

Processus par lequel l'environnement trie les variants héréditaires déjà présents dans une population : les individus porteurs du caractère le plus avantageux survivent et se reproduisent davantage, donc transmettent davantage leurs allèles. La fréquence de l'allèle avantageux augmente.

Trois idées à verrouiller :

  • elle ne crée rien : elle ne fait que trier des variations qui existaient déjà (ce sont les mutations qui créent) ;
  • elle ne s'exerce que sur des variations héréditaires : un caractère non transmissible ne peut pas être sélectionné (il meurt avec l'individu) ;
  • elle n'est pas du hasard : c'est l'avantage conféré qui décide qui passe le filtre.
Attentionproposition-piège classique (annales Q7)

« La sélection naturelle s'exerce sur certains individus purement au hasard » est FAUSSE. Le hasard, c'est la dérive. La sélection, elle, trie selon l'avantage. Ne jamais accoler « sélection » et « hasard ».

Il en découle la vraie définition d'une adaptation — l'un des mots les plus piégés du concours.

Définition2.2adaptation

Une adaptation est une caractéristique d'une POPULATION, sélectionnée par l'environnement pour l'avantage qu'elle confère. Ce n'est jamais la transformation d'un individu au cours de sa vie.

Attentionadaptation : ce que ce n'est PAS (annales Q8, Q11)

Une adaptation n'est pas :

  • « la transformation d'un individu au cours de sa vie pour répondre à un besoin » — c'est la vision lamarckienne, fausse ;
  • une transformation qui « répond à la pression de la sélection » en direct. Le caractère avantageux préexiste ; la sélection ne fait que le trier dans la population.
RemarqueLamarck vs Darwin en une ligne

Lamarck : l'individu se transforme pour répondre à un besoin, et transmet ce caractère acquis (faux). Darwin : les variants existent déjà par hasard, l'environnement en sélectionne les mieux adaptés dans la population (juste). Selon Lamarck, les caractères acquis au cours de la vie seraient transmis à la génération suivante — c'est justement le point réfuté.

La dérive génétique : un tri par le hasard pur

Définition2.3dérive génétique

Évolution d'une population causée par des événements purement aléatoires et impossibles à prévoir. Exemple typique : le hasard des rencontres entre spermatozoïdes et ovules lors de la reproduction sexuée. Ses effets sont d'autant plus forts que la population est petite.

L'intuition. Imagine que tu tires quelques billes au hasard dans un grand sac moitié bleues / moitié rouges. Sur 10001000 tirages, tu obtiens \approx 50/50. Mais sur 4 tirages, tu peux très bien sortir 4 bleues : le hasard, sur petits effectifs, déforme les proportions. Une population réduite tire ses gamètes de la même façon : ses fréquences alléliques dérivent au hasard, sans que l'avantage n'ait rien à voir.

Attentiondérive \ne sélection — le paquet de pièges (annales Q14)

La dérive génétique :

  • est impossible à prévoir (c'est du hasard) ✓ ;
  • n'est pas une conséquence de la sélection naturelle (elle agit indépendamment) ;
  • ne favorise pas systématiquement les allèles avantageux et ne défavorise pas la fixation des allèles désavantageux : elle est aveugle à l'avantage ;
  • peut donc parfaitement fixer un allèle désavantageux (le rendre unique) et éliminer un allèle avantageux.

Le schéma qui rapporte le plus : même départ, deux destins

C'est la figure à savoir refaire. On part de deux populations identiques (allèle AA avantageux en bleu, allèle aa désavantageux en orange, à 50/50). On les laisse évoluer, l'une sous sélection, l'autre sous dérive. Le résultat est opposé.


Même point de départ, deux moteurs. La sélection pousse toujours vers l'avantage (bleu \uparrow). La dérive pousse au hasard et peut fixer le désavantageux (orange), en contradiction avec l'avantage. C'est toute la différence.

Exemple travaillé : les lézards Anolis des Turques-et-Caïques

Exemplemicro-évolution par sélection, scientifiquement documentée

Des écologues étudient une espèce de lézard (Anolis) endémique des îles Turques-et-Caïques, dans les Caraïbes. Pendant leur étude, l'archipel est balayé par deux ouragans successifs à plus de 150 km/h150\,\mathrm{km}/\mathrm{h}. Ils reprennent leurs mesures : la morphologie moyenne des survivants a changé.

Les survivants ont, en moyenne :

  • des pattes avant plus longues (agrippent plus fort la branche) ;
  • des coussinets adhésifs plus larges au bout des doigts (accrochage renforcé) ;
  • des pattes arrière plus courtes (dépassant moins du corps, elles offrent moins de prise au vent).

En soufflerie : vers 135 km/h135\,\mathrm{km}/\mathrm{h} le lézard se cramponne encore ; vers 170 km/h170\,\mathrm{km}/\mathrm{h}, seuls les individus à « forte poigne » tiennent. Quand une rafale arrive, le lézard se met du côté de la branche opposé au vent : de larges coussinets et de longues pattes avant y font toute la différence.

Attentionle cœur de l'exemple — à ne PAS mal raconter

Ces caractéristiques ne sont pas apparues à cause de l'ouragan. Elles existaient déjà, chez certains lézards seulement, avant les ouragans. L'ouragan n'a fait que trier : les porteurs ont survécu et ont transmis ces caractères à leur descendance. C'est de la sélection (tri de variants préexistants), pas une transformation individuelle (Lamarck).


La sélection = un filtre qui laisse passer des variants préexistants. Elle ne fabrique pas le caractère avantageux, elle le trie.

Le cas clinique du chapitre : la résistance aux antibiotiques

Exemplepourquoi les bactéries deviennent résistantes

On donne trop souvent des antibiotiques : la fréquence des souches résistantes augmente. Mécanisme ? Dans la population bactérienne, quelques cellules portent déjà, par mutation préexistante, un allèle de résistance. L'antibiotique tue les sensibles et épargne les résistantes, qui se multiplient. C'est un processus de sélection naturelle.

Attentionle piège médical (annales Q15)

La résistance ne résulte pas de mutations induites par l'antibiotique. L'antibiotique ne crée pas la résistance : il sélectionne des résistants qui préexistaient. Réponse attendue : « un processus de sélection naturelle », pas « des mutations induites par l'antibiotique ».

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  • 3. La coévolution : quand deux espèces s'entraînent mutuellement
  • 4. L'évolution convergente = homoplasie
  • 5. Synthèse : les trois moteurs de l'apparition de phénotypes nouveaux

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