Phase S : copier l'ADN puis le plier — réplication, mutations, condensation
L'idée en une phrase. Avant qu'une cellule ne se coupe en deux, elle doit d'abord copier tout son ADN — sinon chaque cellule fille n'en recevrait que la moitié. Cette copie a lieu pendant la phase S de l'interphase. Ce cours suit l'ADN à trois moments : (1) on le copie fidèlement, (2) on encaisse les rares fautes de copie (les mutations), (3) on le replie pour le ranger en chromosomes. À la fin, tu sauras compter les molécules d'ADN à chaque étape — le réflexe qui rapporte des points au concours.
1Situer la phase S : pourquoi copier avant de diviser
Une cellule qui se divise doit léguer à chacune de ses deux filles un jeu complet d'ADN. Il n'y a qu'une solution : dupliquer d'abord l'ADN, se couper ensuite. La duplication, c'est la réplication ; elle se déroule dans une fenêtre précise du cycle cellulaire.
Suite ordonnée d'étapes qu'une cellule traverse entre deux divisions. Il se découpe en deux grands temps : l'interphase (la cellule vit, grandit, copie son ADN) et la phase M (elle se divise : mitose puis cytocinèse). L'interphase se subdivise elle-même en G1 (croissance), S (synthèse = réplication de l'ADN) et G2 (préparatifs finaux).
Copie intégrale de l'ADN d'une cellule, réalisée une seule fois par cycle, pendant la phase S. Résultat : chaque molécule d'ADN devient deux molécules identiques, préalable obligatoire à toute division.
« Phase S » = phase de Synthèse de l'ADN. C'est le moment de la réplication. G1 et G2 sont des phases de croissance et de contrôle, sans synthèse d'ADN. Retiens : S = copie.
- molécule d'ADN — une double hélice complète (les deux brins comptent pour une seule molécule).
- chromatide — un « bâtonnet » d'ADN condensé ; chaque chromatide contient exactement une molécule d'ADN.
- conséquence — copier l'ADN (phase S), c'est faire passer chaque chromosome de 1 chromatide à 2 chromatides. On note souvent la quantité d'ADN de départ , qui devient après S.
Garde cette égalité en tête : elle transforme n'importe quelle question de comptage du concours en simple addition (voir §6).
2La réplication semi-conservatrice : chaque brin est un modèle
Le principe : garder la moitié, recopier l'autre
L'ADN est une double hélice : deux brins enroulés, tenus face à face par un appariement obligatoire des bases. C'est ce collage complémentaire qui rend la copie possible et fiable.
Sur les deux brins qui se font face, les bases s'assemblent toujours de la même façon : A en face de T, et C en face de G (et inversement). On ne trouve jamais A en face de C, ni G en face de T. Chaque brin « dicte » donc la séquence de l'autre.
- A–T — adénine et thymine, reliées par 2 liaisons hydrogène (paire un peu moins solide).
- C–G — cytosine et guanine, reliées par 3 liaisons hydrogène (paire plus solide).
- base azotée — A, T, C ou G ; c'est la « lettre » du code. Le phosphate et le sucre forment le squelette, identique tout le long.
- conséquence de comptage (règle de Chargaff) — puisque chaque A fait face à un T, on a toujours et dans un ADN double brin.
Lecture de la figure 2 (structure moléculaire d'un fragment d'ADN double brin) :
- Adénine — Thymine : appariées par 2 liaisons hydrogène (les pointillés) paire A=T.
- Guanine — Cytosine : appariées par 3 liaisons hydrogène paire GC, plus difficile à séparer.
- 2-Désoxy--D-Ribose : le sucre de l'ADN (désoxyribose). Répété tout le long, il forme le squelette.
- Phosphate : le groupement acide phosphorique qui relie deux sucres successifs l'ossature « sucre–phosphate ».
- À retenir : une base ne peut s'apparier qu'avec sa partenaire imposée. C'est pourquoi un seul brin suffit à reconstruire l'autre.
Mode de copie de l'ADN dans lequel les deux brins de la molécule « mère » se séparent, puis chacun sert de matrice (de modèle) à la synthèse d'un nouveau brin complémentaire. Chaque molécule « fille » est donc formée d'un ancien brin (conservé de la mère) et d'un nouveau brin. Le préfixe semi- = « à moitié » : chaque fille conserve la moitié de la mère.
Une molécule d'ADN mère donne deux molécules filles identiques entre elles et identiques à la mère. Chaque fille est hybride : un brin ancien + un brin nouveau. Ces deux molécules sœurs restent attachées : elles forment les 2 chromatides d'un même chromosome.
« Semi-conservatrice » ne signifie pas qu'une cellule fille reçoit tout l'ADN ancien et l'autre tout l'ADN neuf. C'est chaque molécule qui est à moitié ancienne : partout, un brin conservé est apparié à un brin neuf. Les deux options fausses au concours sont « conservatrice » (mère intacte + une copie 100 % neuve) et « dispersive » (brins en mosaïque) — retiens que la bonne réponse est un brin ancien entier + un brin nouveau entier.
Un brin matrice porte la séquence 5'-A T G C A T-3'. En appliquant AT et CG, le nouveau brin synthétisé sera 3'-T A C G T A-5'. Aucune ambiguïté : la matrice impose chaque lettre. C'est pourquoi les deux filles sont rigoureusement identiques à la mère.
La suite de « Phase S : copier l'ADN puis le plier — réplication, mutations, condensation » est prête.
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- 3. Le mécanisme moléculaire : fourche, polymérase, brins direct et retardé
- 4. Les mutations : quand la copie contient une faute
- 5. Agents mutagènes et réparation : UV, dimères de thymine, xeroderma pigmentosum
- … et 1 de plus
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