BiologieFiche 4.4 · La méiose : deux divisions pour passer de 2n à n (et comment la distinguer de la mitose)
Biologie · Chapitre 4 · Fiche 4/5Mitose et méiose : comprendre, distinguer et compter les divisions cellulaires

La méiose : deux divisions pour passer de 2n à n (et comment la distinguer de la mitose)

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1À quoi sert la méiose : passer de 2n2n2n à nnn et brasser les gènes

Toutes les cellules de ton corps naissent d'une division. Il en existe deux types, et il faut absolument les distinguer :

  • la mitose (sous-fiche précédente) : 1 division qui copie une cellule à l'identique ;
  • la méiose (cette fiche) : 2 divisions successives qui fabriquent les gamètes (spermatozoïdes, ovules).

La méiose est la division de la reproduction. Retiens dès maintenant la phrase-clé : une réplication de l'ADN, mais deux divisions — c'est ce qui divise par deux le nombre de chromosomes.

Définition1.1Diploïde vs haploïde

Une cellule est diploïde (2n2n) quand ses chromosomes vont par paires : chaque paire contient un chromosome d'origine paternelle et son homologue d'origine maternelle. Une cellule est haploïde (nn) quand elle ne possède qu'un seul exemplaire de chaque chromosome (les paires sont défaites).

Définition1.2Chromosomes homologues

Deux chromosomes homologues sont les deux membres d'une même paire : ils portent les mêmes gènes, dans le même ordre, mais pas forcément les mêmes versions (allèles). L'un vient du père, l'autre de la mère. Attention, homologue \neq chromatide sœur (voir §2).

Définition1.3Gamètes et gonades

Les gamètes sont les cellules reproductrices : le spermatozoïde (mâle) et l'ovule/ovocyte (femelle). Ils sont produits par méiose dans les gonades (les organes reproducteurs : testicules et ovaires), à partir de cellules germinales diploïdes.

Formule1.1Les nombres à connaître par cœ ur chez l'humain
2n=46n=232n = 46 \qquad\Longrightarrow\qquad n = 23
où :
  • Cellule somatique (toutes les cellules du corps sauf les gamètes) : 2n=462n=46 chromosomes == 23 paires == 22 paires d'autosomes ++ 1 paire de chromosomes sexuels (XX chez la femme, XY chez l'homme).
  • Gamète : n=23n=23 chromosomes == 22 autosomes ++ 1 seul chromosome sexuel (X ou Y).
  • Zygote (œ uf fécondé) : 23+23=46=2n23 + 23 = 46 = 2n. La fécondation restaure la diploïdie.

Le cycle sexué : mitoses partout, méiose au moment des gamètes

La méiose n'agit qu'à un seul endroit du cycle de vie : le passage cellule germinale \rightarrow gamète. Tout le reste (embryon, fœ tus, croissance, réparation) se fait par mitose, qui conserve 2n=462n=46. La fécondation, elle, réunit deux gamètes haploïdes en un zygote diploïde.

Le cycle sexué humain. La méiose (rouge) n'intervient qu'à la production des gamètes ; la mitose (vert) conserve 2n=462n=46 partout ailleurs ; la fécondation (orange) restaure la diploïdie. Spz = spermatozoïde.

RemarqueLe sexe ne se détermine pas partout de la même façon

Chez les mammifères (système X - Y), c'est le spermatozoïde qui décide du sexe : il porte X ( \rightarrow fille XX ) ou Y ( \rightarrow garçon XY ) ; le mâle est dit hétérogamétique. D'autres systèmes existent : Z - W chez les oiseaux (c'est la femelle, ZW, qui est hétérogamétique), X - 0 chez de nombreux insectes (mâle à un seul X), ou haplo-diploïde chez les abeilles (femelles diploïdes issues d'œ ufs fécondés, mâles haploïdes issus d'œ ufs non fécondés — ils n'ont pas de père).

Propriété1.1Les deux missions de la méiose

(1) Réduire le nombre de chromosomes de moitié (2nn2n \rightarrow n) pour que la fécondation puisse redonner 2n2n sans doubler le stock à chaque génération.
(2) Brasser le patrimoine génétique : les 4 gamètes produits sont tous génétiquement différents. C'est une source majeure de la diversité des individus.

2Une réplication, deux divisions : le déroulé complet

Propriété2.1Le squelette de la méiose

En interphase, l'ADN est répliqué une seule fois (phase S) : chaque chromosome passe de 1 à 2 chromatides sœurs. Puis surviennent deux divisions sans réplication entre elles :

  • Division I — réductionnelle : sépare les chromosomes homologues \Rightarrow le nombre de chromosomes est divisé par 2 (2nn2n\rightarrow n).
  • Division II — équationnelle : sépare les chromatides sœurs de chaque chromosome (exactement comme une mitose).

Bilan : 1 cellule diploïde \rightarrow 4 cellules haploïdes.

Définition2.1Chromatides sœurs

Après la réplication, un chromosome est fait de 2 chromatides sœurs : deux copies identiques de la même molécule d'ADN, reliées au centromère. Un tel chromosome dédoublé a une forme en X. Ne confonds pas : les chromatides sœurs sont des copies (même chromosome) ; les chromosomes homologues sont les deux membres d'une paire (père/mère).

Division I (réductionnelle) — c'est elle qui réduit 2n2n2n en nnn

Prophase I. Les chromosomes homologues se rapprochent et s'accolent deux par deux : c'est la synapsis. Chaque paire accolée forme une structure à 4 chromatides appelée tétrade (ou bivalent). C'est là que les chromatides non-sœ urs peuvent échanger des segments : le crossing-over.

Définition2.2Synapsis, tétrade, chiasma, crossing-over

La synapsis est l'appariement des deux homologues. Ils forment une tétrade (= bivalent) : 2 chromosomes ×\times 2 chromatides == 4 chromatides. Le point de contact où deux chromatides non-sœ urs se croisent est un chiasma ; l'échange réciproque de fragments qui s'y produit est le crossing-over (ou enjambement). Résultat : des chromatides recombinées, mélange de gènes paternels et maternels.

Prophase I. Les segments du bas (rouge sur le côté bleu, et inversement) sont les fragments échangés lors du crossing-over : les chromatides deviennent recombinées.

AttentionLe crossing-over se fait entre homologues, entre chromatides NON-sœ urs

Un crossing-over n'a de sens qu'entre deux chromatides non-sœ urs de chromosomes homologues (rouge \leftrightarrow bleu). Un échange entre chromatides sœ urs (même couleur) ne crée aucune nouveauté (elles sont identiques). Un échange entre chromosomes non homologues n'est pas un crossing-over : c'est une translocation, une anomalie.

Métaphase I. Les tétrades (pas les chromosomes seuls !) s'alignent sur la plaque équatoriale. La façon dont chaque paire s'oriente est aléatoire et indépendante des autres paires.

Anaphase I. Les chromosomes homologues se séparent et migrent vers les pôles opposés. Point capital : les chromatides sœ urs restent liées — ce sont donc des chromosomes à 2 chromatides (forme en X) qui migrent.

Télophase I + cytocinèse. On obtient 2 cellules haploïdes (nn), mais dont les chromosomes sont encore dédoublés (2 chromatides).

Propriété2.2Deux « brassages » créent la diversité en division I

La division I mélange les gènes de deux façons complémentaires :

  • Brassage intrachromosomique = le crossing-over (prophase I) : recombine les allèles au sein d'une même paire.
  • Brassage interchromosomique = la répartition indépendante des paires (métaphase/anaphase I) : chaque paire d'homologues se sépare au hasard, indépendamment des autres. Pour nn paires, cela donne déjà 2n2^{n} combinaisons (2232^{23} chez l'humain, soit plus de 8 millions).

S'ajoute enfin le hasard de la fécondation (quel gamète rencontre quel gamète).

Division II (équationnelle) — comme une mitose

Il n'y a aucune réplication avant la division II. Chacune des 2 cellules refait le programme d'une mitose : prophase II, métaphase II (les chromosomes s'alignent seuls sur la plaque), anaphase II (les chromatides sœ urs se séparent enfin), télophase II + cytocinèse. On obtient au total 4 cellules haploïdes à chromosomes simples (1 chromatide), toutes génétiquement différentes.

AttentionLe piège no1 du concours : qui réduit quoi ?

C'est l'anaphase I (division I) qui réduit le nombre de chromosomes (2nn2n\rightarrow n), en séparant les homologues. L'anaphase II ne réduit pas le nombre de chromosomes : elle sépare les chromatides sœ urs (le nombre de chromosomes reste nn, mais chacun ne compte plus qu'une chromatide).

La figure signature : mitose et méiose côte à côte

Même point de départ (une cellule 2n=42n=4 dont l'ADN vient d'être répliqué : 2 paires, chaque chromosome en X). À droite, suis la méiose ; à gauche, la mitose. La différence tient à un seul instant : à l'anaphase, la mitose sépare les chromatides sœ urs alors que la division I de méiose sépare les homologues.

RemarqueL'analogie qui verrouille tout : les livres

Imagine chaque chromosome comme un livre. Tu possèdes deux éditions d'un même titre : celle du père et celle de la mère — ce sont les homologues (même histoire, mots parfois différents). La réplication en fait deux photocopies parfaites de chaque édition : ce sont les chromatides sœ urs (rigoureusement identiques). Division I = tu ranges une édition dans chaque carton (on sépare père/mère : le nombre de titres est divisé par 2). Division II = tu sépares enfin les deux photocopies d'une même édition. La mitose, elle, saute la division I : elle sépare directement les photocopies, en gardant les deux éditions dans chaque carton.

Bleu = origine paternelle, rouge = origine maternelle. À l'anaphase de mitose : chromatides sœ urs séparées (chromosomes simples). À l'anaphase I : homologues séparés, chromatides sœ urs encore liées (chromosomes en X). En anaphase I, l'orientation au hasard des paires (brassage) explique que les cellules filles diffèrent.

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  • 3. Compter : chromosomes, chromatides et molécules d'ADN
  • 4. Distinguer mitose et méiose (et lire un schéma d'anaphase)
  • 5. La gamétogenèse : fabriquer les gamètes par méiose

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