Loi des gaz
Du gaz parfait aux pressions partielles
Ce que tu sauras faire
- décrire l'état gazeux à l'aide des quatre variables d'état , , , et maîtriser leurs unités ;
- énoncer et appliquer les trois lois historiques : Boyle-Mariotte, Charles–Gay-Lussac et Avogadro ;
- utiliser l'équation d'état des gaz parfaits et la valeur de la constante ;
- calculer la masse volumique et la masse molaire d'un gaz, ainsi que sa densité par rapport à l'air ;
- exploiter le volume molaire aux conditions normales (CNTP) ;
- traiter un mélange gazeux avec la loi de Dalton (pressions partielles, fraction molaire).
1L'état gazeux : décrire un gaz par quatre nombres
La chimie étudie souvent des réactions qui produisent ou consomment des gaz (combustions, fermentations, synthèses industrielles comme celle de l'ammoniac ). Contrairement à un solide ou à un liquide, un gaz n'a ni forme ni volume propres : il occupe tout le récipient qui le contient. Pour le décrire complètement, il suffit pourtant de quatre grandeurs, appelées variables d'état.
Un gaz est un état de la matière dans lequel les molécules sont très espacées, animées d'une agitation incessante et désordonnée, et n'interagissent presque pas entre elles. L'état d'un échantillon de gaz est entièrement fixé par la donnée de quatre variables d'état :
- la pression ;
- le volume ;
- la quantité de matière (nombre de moles) ;
- la température .
Les lois des gaz sont précisément les relations qui lient ces quatre nombres entre eux.
Le modèle microscopique : d'où vient la pression ?
À l'échelle microscopique, un gaz est un essaim de molécules qui se déplacent en ligne droite et rebondissent sur les parois du récipient. Chaque choc d'une molécule contre la paroi exerce une minuscule poussée ; la somme de ces milliards de chocs par seconde et par unité de surface produit une force continue : c'est la pression.
Ce modèle explique immédiatement deux faits :
- plus on chauffe le gaz, plus les molécules vont vite, plus les chocs sont violents et fréquents la pression (ou le volume) augmente ;
- plus on comprime le gaz (volume plus petit), plus les molécules frappent souvent les parois la pression augmente.
Le gaz parfait : un modèle idéal
Un gaz parfait est un gaz idéalisé qui obéit exactement aux hypothèses suivantes :
- les molécules sont ponctuelles : leur volume propre est négligeable devant le volume offert ;
- elles n'interagissent pas à distance (pas de forces d'attraction ni de répulsion entre elles) ;
- leurs chocs (entre elles et sur les parois) sont élastiques : ils ne dissipent pas d'énergie.
Le modèle du gaz parfait est une idéalisation. Les gaz réels s'en rapprochent d'autant mieux qu'ils sont peu denses : basse pression et température pas trop basse. Dans les conditions usuelles du laboratoire, l'air, le diazote, le dioxygène, etc. se comportent en très bonne approximation comme des gaz parfaits. Sauf mention contraire, tous les gaz de ce cours sont supposés parfaits.
Les quatre grandeurs et leurs unités
Maîtriser les unités est ici décisif : la valeur de la constante (vue plus loin) dépend du choix d'unités, et une erreur d'unité est la première source de fautes dans les calculs de gaz.
La pression p
La pression est la force pressante exercée perpendiculairement à une surface, rapportée à l'aire de cette surface :
- : la pression, en pascals () dans le Système international ;
- : la force pressante, en newtons () ;
- : l'aire de la surface pressée, en mètres carrés ().
L'unité SI est le pascal : . C'est une très petite unité, on utilise donc souvent ses multiples et des unités usuelles. Le tableau suivant rassemble les conversions à connaître.
| Unité | Symbole | Équivalence |
|---|---|---|
| pascal | unité SI de base | |
| kilopascal | ||
| bar | ||
| atmosphère | ||
| millimètre de mercure |
mais ce n'est pas exactement égal : . Dans les calculs de la fiche, on emploie surtout l'atmosphère () car la valeur de y devient très simple.
Le volume V
Le volume est l'espace occupé par le gaz, c'est-à-dire le volume du récipient (le gaz remplit tout l'espace disponible).
- : le volume, en mètres cubes () dans le SI, mais le plus souvent en litres () en chimie.
Conversions indispensables :
On retiendra notamment et , très utile pour passer du volume d'une pièce (en ) à un volume de gaz (en ).
La température T
Dans les lois des gaz, la température doit toujours être exprimée en kelvins (), unité de la température absolue. Le zéro de cette échelle, , est le zéro absolu : la température la plus basse possible, où l'agitation des molécules cesse.
- : la température absolue, en kelvins () ;
- : la température en degrés Celsius ().
En pratique, dans cette fiche, on arrondit fréquemment à . Une variation de correspond exactement à une variation de : seules les origines des deux échelles diffèrent.
Oublier de convertir en kelvins est l'erreur numéro un. Une réaction « à » se calcule avec , jamais avec . Un rapport calculé en degrés Celsius donne un résultat totalement faux (on ne peut pas diviser des températures Celsius).
La quantité de matière n
La quantité de matière mesure le nombre de paquets de molécules, exprimé en moles (). Une mole contient entités (nombre d'Avogadro). On la relie à la masse et à la masse molaire par :
- : la quantité de matière, en moles () ;
- : la masse de gaz, en grammes () ;
- : la masse molaire du gaz, en grammes par mole ().
Cette relation a été étudiée à la Fiche 4. Elle est essentielle ici : c'est le pont entre la masse d'un gaz (ce que l'on pèse) et sa quantité de matière (ce qui intervient dans ).
2Les trois lois historiques des gaz
Avant de disposer de l'équation générale , les chimistes et physiciens des xviie–xixe siècles ont découvert expérimentalement trois lois partielles. Chacune fixe deux des quatre variables et décrit comment les deux autres sont liées. Ce sont les briques de base de la loi des gaz parfaits.
| Loi | Ce qui est fixé | Ce qui varie | Relation |
|---|---|---|---|
| Boyle-Mariotte | |||
| Charles–Gay-Lussac | |||
| Avogadro |
Loi de Boyle-Mariotte (transformation à T constante)
Pour une quantité fixée de gaz ( constant) maintenue à température constante ( constante), le produit de la pression par le volume reste constant. Autrement dit, et sont inversement proportionnels :
Si l'on comprime le gaz (on diminue ), sa pression augmente dans la même proportion, et réciproquement.
- : pression et volume dans l'état initial ;
- : pression et volume dans l'état final ;
- les unités de et de sont libres, à condition d'être les mêmes de chaque côté de l'égalité (par ex. en et en ).
Une transformation à température constante s'appelle une transformation isotherme. Dans un diagramme , l'ensemble des états accessibles est une hyperbole .
On vérifie sur le graphique : et : le produit est bien conservé.
On enferme d'air dans un cylindre à la pression , à température ambiante. On pousse le piston jusqu'à porter la pression à , sans changer la température. Quel est le nouveau volume ?
Données et choix de la loi. La température et la quantité de gaz ne changent pas : on est à et constants. C'est exactement le cadre de Boyle-Mariotte :
Isolation de l'inconnue. On cherche , donc :
Application numérique.
Interprétation. En triplant la pression, on a divisé le volume par (). C'est cohérent avec la proportionnalité inverse : et varient en sens opposés, et leur produit est conservé.
Loi de Charles–Gay-Lussac (transformation à p constante)
Pour une quantité fixée de gaz ( constant) maintenue à pression constante ( constante), le volume est directement proportionnel à la température absolue :
Chauffer le gaz le dilate ; le refroidir le contracte, en proportion exacte de la température en kelvins.
- : volume et température absolue dans l'état initial ;
- : volume et température absolue dans l'état final ;
- obligatoirement en kelvins () ; dans une unité quelconque, identique des deux côtés.
Une transformation à pression constante s'appelle une transformation isobare. Dans un diagramme , les états forment une droite passant par l'origine . Le prolongement de cette droite vers les volumes nuls pointe précisément vers le zéro absolu : c'est l'une des manières historiques de le mettre en évidence.
Un ballon souple contient d'air à , à la pression atmosphérique. On le place dans une étuve à ; la pression reste celle de l'atmosphère. Quel volume occupe-t-il alors ?
Étape 1 — convertir en kelvins (indispensable).
Étape 2 — choisir la loi. Pression constante, quantité de gaz constante Charles–Gay-Lussac :
Étape 3 — application numérique.
Interprétation. La température absolue a augmenté de (), donc le volume augmente exactement de (). Piège évité : si l'on avait gardé les degrés Celsius, on aurait calculé , résultat absurde et faux.
Il existe une troisième situation jumelle, à volume constant (isochore) : alors , c'est-à-dire que la pression est proportionnelle à la température absolue. C'est ce qui fait monter la pression d'un pneu ou d'une bombe aérosol quand ils chauffent. On la déduit immédiatement de avec et constants.
Loi d'Avogadro (volumes égaux -> mêmes nombres de molécules)
À température et pression maintenues constantes, le volume occupé par un gaz est directement proportionnel à sa quantité de matière :
Conséquence fondamentale : des volumes égaux de gaz, pris dans les mêmes conditions de température et de pression, contiennent le même nombre de molécules.
- : volume et quantité de matière du premier gaz (ou état) ;
- : volume et quantité de matière du second gaz (ou état) ;
- en unité quelconque (identique), en moles ().
Cette loi est surprenante : elle dit que la nature du gaz n'intervient pas. À et fixés, un litre de et un litre de contiennent le même nombre de molécules, bien que ces molécules aient des masses très différentes.
Un ballon contient de gaz et occupe à une certaine température et pression. On y injecte du gaz, toujours aux mêmes et , jusqu'à atteindre . Quel volume occupe-t-il ?
On a multiplié la quantité de matière par , le volume est multiplié par le même facteur. Ce résultat prépare la notion capitale de volume molaire : le volume « par mole » est le même pour tous les gaz parfaits dans des conditions données.
3La loi des gaz parfaits : l'équation d'état pV=nRT
Les trois lois précédentes ne sont que des cas particuliers. En les fusionnant, on obtient une équation unique qui relie d'un seul coup les quatre variables d'état : c'est l'équation d'état du gaz parfait, pierre angulaire de toute la fiche.
- : la pression du gaz, en pascals () si l'on travaille en SI, ou en / selon la valeur de choisie ;
- : le volume occupé, en mètres cubes () en SI, ou en litres () ;
- : la quantité de matière de gaz, en moles () ;
- : la constante des gaz parfaits (voir ci-dessous) ;
- : la température absolue, toujours en kelvins ().
L'équation d'état résume tout ce qui précède. Il suffit d'y fixer deux variables :
- à et fixés : Boyle-Mariotte ;
- à et fixés : Charles–Gay-Lussac ;
- à et fixés : Avogadro.
On n'a donc qu'une seule formule à mémoriser : les trois lois historiques en découlent.
La constante des gaz parfaits R
est une constante universelle (la même pour tous les gaz). Sa valeur numérique dépend des unités choisies pour et ; il faut donc choisir la version de cohérente avec ses unités.
| Valeur de | en | en | en |
|---|---|---|---|
Les deux premières lignes ont la même valeur numérique car . La troisième, , est réservée au couple (, ) — c'est la plus pratique pour les calculs « chimie » de cette fiche. Ne mélangez jamais une pression en avec : choisissez une ligne du tableau et tenez-vous-y.
Forme « quantité de matière » et autres réarrangements
L'équation s'isole selon l'inconnue recherchée. La forme la plus utilisée en chimie donne directement le nombre de moles à partir des conditions :
- : la quantité de matière, en moles () ;
- : pression, volume et température absolue, dans des unités cohérentes avec .
On obtient de même, selon le besoin :
Conditions normales (CNTP) et volume molaire 22,4 L/mol
Pour comparer des gaz, on définit des conditions de référence.
Les conditions normales de température et de pression (CNTP, aussi notées TPN ou PTN dans le livre) correspondent à :
Aux CNTP, une mole de n'importe quel gaz parfait occupe le même volume, appelé volume molaire :
Démonstration. On part de avec , et l'on calcule le volume aux CNTP avec :
- : quantité de matière de gaz, en moles () ;
- : volume du gaz mesuré aux CNTP, en litres () ;
- : le volume molaire aux CNTP.
Le diagramme ci-dessous (repris de la synthèse du livre) résume comment ces relations s'articulent.
On dispose de de diazote mesurés aux CNTP. Combien de moles cela représente-t-il ?
Méthode 1 — volume molaire.
Méthode 2 — équation d'état (pour vérifier). Avec , , :
Les deux méthodes concordent : aux CNTP correspondent à . Le volume molaire n'est rien d'autre qu'un raccourci de l'équation d'état dans les conditions normales.
On enferme de dioxygène dans une bouteille rigide de portée à . Quelle pression règne à l'intérieur ?
Étape 1 — kelvins : .
Étape 2 — isoler : .
Étape 3 — application numérique (on prend , en , donc sortira en ) :
La pression vaut environ , soit deux fois et demie la pression atmosphérique.
4Masse volumique, masse molaire et densité d'un gaz
L'équation d'état ne contient pas directement la masse. Mais comme , on peut y faire entrer la masse et la masse molaire du gaz, et accéder ainsi à sa masse volumique . C'est ce qui permet, à l'inverse, d'identifier un gaz inconnu en mesurant sa masse volumique.
Masse volumique d'un gaz
La masse volumique d'un gaz est la masse contenue dans l'unité de volume :
- : la masse volumique, en (ou ) ;
- : la masse de gaz, en grammes () ;
- : le volume occupé, en litres ().
Établissement de la formule. On part de et de . En remplaçant :
On en tire la masse volumique d'un gaz parfait :
- : la masse volumique du gaz, en ;
- : la pression, dans l'unité cohérente avec ;
- : la masse molaire du gaz, en ;
- : la constante des gaz parfaits ; : la température absolue, en .
Cette formule montre qu'à et donnés, la masse volumique d'un gaz est proportionnelle à sa masse molaire : un gaz « lourd » (grand , comme ) est plus dense qu'un gaz « léger » (petit , comme ). C'est pourquoi le s'accumule au fond d'une cave et l'hélium fait monter les ballons.
Masse molaire d'un gaz
En isolant dans la relation (ou dans ), on obtient une méthode de détermination expérimentale de la masse molaire d'un gaz : il suffit de peser une masse de gaz occupant un volume connu dans des conditions connues.
- : la masse molaire cherchée, en ;
- : la masse de gaz pesée, en grammes () ;
- : conditions de la mesure (unités cohérentes avec , en ).
Aux CNTP, cette relation se simplifie énormément : comme une mole occupe , on a directement
Aux CNTP, on mesure la masse volumique d'un gaz inconnu : . Quelle est sa masse molaire, et de quel gaz peut-il s'agir ?
Calcul de . Aux CNTP, :
Identification. Une masse molaire de correspond au diazote () ou au monoxyde de carbone (). La mesure de la masse volumique seule ne permet pas de les distinguer, mais elle restreint déjà fortement les possibilités.
Vérification par l'équation complète. Pour , on a , et avec , :
Cohérent.
Quelle est la masse volumique du aux CNTP ? Sa masse molaire est .
Le () est nettement plus dense que l'air (, voir ci-dessous) : il « coule » dans l'air, ce qui explique son emploi dans les extincteurs (il étouffe la flamme en chassant l'air).
Composition de l'air et densité d'un gaz par rapport à l'air
L'air est un mélange gazeux dont la composition en volume est approximativement :
Sa masse molaire moyenne vaut , et d'air a une masse de aux CNTP.
C'est la moyenne pondérée des masses molaires, selon les proportions volumiques (qui sont aussi des proportions molaires d'après Avogadro) :
La densité d'un gaz par rapport à l'air est le rapport (sans unité) de sa masse volumique à celle de l'air, dans les mêmes conditions. Comme à fixés , cela revient au rapport des masses molaires :
On en déduit la relation du livre, qui donne la masse molaire d'un gaz connaissant sa densité :
- : masse molaire du gaz, en ;
- : masse molaire moyenne de l'air ;
- : densité du gaz par rapport à l'air (nombre sans unité).
Comparons trois gaz à l'air () :
- Hélium , : plus léger que l'air, il monte (ballons gonflés à l'hélium).
- Dioxyde de carbone , : plus lourd que l'air, il descend (s'accumule au sol).
- Diazote , : quasiment la densité de l'air (ce qui est logique, l'air étant à du ).
Lecture inverse : si l'on mesure expérimentalement pour un gaz inconnu, alors , ce qui oriente vers le .
5Mélanges gazeux : la loi de Dalton des pressions partielles
Jusqu'ici, le récipient ne contenait qu'un seul gaz. Or l'air, les gaz de combustion, l'atmosphère d'un réacteur sont des mélanges. La loi de Dalton décrit comment chaque constituant participe à la pression totale.
Pression partielle
Dans un mélange gazeux, la pression partielle d'un constituant est la pression qu'il exercerait s'il occupait seul tout le volume du récipient, à la même température. Chaque gaz se comporte comme si les autres n'existaient pas (hypothèse des gaz parfaits : pas d'interaction entre molécules).
La pression totale d'un mélange de gaz parfaits est égale à la somme des pressions partielles de ses constituants :
- : la pression totale du mélange, en (ou autre unité de pression) ;
- : les pressions partielles de chaque gaz, dans la même unité.
Origine de la loi. Chaque gaz suit sa propre équation d'état dans le volume commun à la température commune : . En sommant sur tous les gaz :
ce qui montre que joue le rôle de la pression totale : .
Fraction molaire et pression partielle
La fraction molaire d'un constituant est la proportion de ses moles parmi le nombre total de moles du mélange :
C'est un nombre sans unité, compris entre et . La somme des fractions molaires de tous les constituants vaut : .
- : la fraction molaire du gaz (sans unité) ;
- : la quantité de matière du gaz , en moles () ;
- : la quantité de matière totale du mélange, en moles ().
- : la pression partielle du gaz , en ;
- : la fraction molaire du gaz (sans unité) ;
- : la pression totale du mélange, en .
Justification. En divisant par , les facteurs , , se simplifient :
La pression partielle d'un gaz est donc, tout simplement, sa part de la pression totale — proportionnelle à sa fraction molaire.
Pour des gaz parfaits, la fraction molaire est égale à la fraction volumique (conséquence de la loi d'Avogadro). C'est pourquoi « l'air contient de en volume » signifie aussi , et donc .
Un récipient rigide de à contient et . Déterminons la pression totale et les pressions partielles.
Étape 1 — quantité totale. .
Étape 2 — pression totale (équation d'état, ) :
Étape 3 — fractions molaires.
Étape 4 — pressions partielles.
Vérification (loi de Dalton). . Tout est cohérent.
Combien de moles — et quelle masse — de dioxygène contient une pièce de dimensions aux CNTP, sachant que l'air contient de en volume ?
Étape 1 — volume d'air.
Étape 2 — moles d'air total (aux CNTP, ) :
Étape 3 — moles de (fraction volumique fraction molaire ) :
Étape 4 — masse de () :
La pièce contient , soit , de dioxygène. Remarquez l'astuce de l'énoncé : le volume tombe pile sur , donc d'air — un clin d'œil au volume molaire.
Cet exemple relie la loi des gaz à un bilan de matière (Fiche 5). On fait réagir de et de , mesurés aux CNTP, selon la synthèse de l'ammoniac :
Quelle masse maximale d'ammoniac peut-on obtenir ?
Étape 1 — volumes moles (aux CNTP, on divise par ) :
Étape 2 — réactif limitant. La réaction consomme pour . Pour de , il faudrait de ; on n'en a que . C'est donc le dihydrogène qui est limitant.
Étape 3 — quantité d'ammoniac formé. D'après les coefficients, donnent :
Étape 4 — masse () :
On obtient au mieux d'ammoniac. Cet exemple montre la chaîne de raisonnement typique en chimie des gaz : volume moles moles du produit masse.
6Synthèse
Le schéma suivant relie l'ensemble des notions de la fiche, du cas particulier (lois historiques) au cas général (équation d'état), puis aux mélanges (Dalton).
| Situation | Formule | Conditions |
|---|---|---|
| Cas général | toujours (gaz parfait) | |
| constante | Boyle-Mariotte | |
| constante | Charles–Gay-Lussac | |
| constantes | Avogadro | |
| Nombre de moles | toujours | |
| Aux CNTP | , | |
| Masse volumique | toujours | |
| Masse molaire | toujours | |
| Densité / air | aux CNTP | |
| Pression partielle | mélange (Dalton) | |
| Pression totale | mélange (Dalton) |
- Constante des gaz : .
- CNTP (= TPN = PTN) : , ().
- Volume molaire aux CNTP : .
- Air : (en volume) ; ; (CNTP).
- Conversions : ; ; .
- Température : toujours en kelvins dans et dans les rapports , . Convertir avant tout calcul.
- Cohérence / unités : associer à (, ), ou à (, ). Ne jamais panacher.
- Le volume n'est valable qu'aux CNTP. Hors CNTP, repasser par .
- Fraction molaire fraction volumique pour les gaz parfaits seulement (grâce à Avogadro).
- Pression partielle : c'est la fraction molaire, pas la fraction massique.
- Lister les grandeurs connues et l'inconnue ; repérer ce qui est constant.
- Convertir les unités : température en , pression et volume cohérents avec le choisi.
- Choisir la loi : une variable constante loi historique ; sinon ; mélange Dalton.
- Isoler littéralement l'inconnue avant l'application numérique.
- Calculer, puis vérifier l'ordre de grandeur et l'homogénéité (les unités doivent se simplifier correctement).
Fin de la Fiche 7 — Loi des gaz.