définir le nombre dérivé d'une fonction en un point comme limite du taux d'accroissement ;
interpréter ce nombre dérivé comme la pente de la tangente et comme une vitesse instantanée ;
connaître et appliquer les 17 formules de dérivation (puissances, produit, quotient, fonctions composées, trigonométriques, logarithmes, exponentielles) ;
utiliser le signe de la dérivée premièref′ pour étudier la croissance et trouver les extremums ;
utiliser le signe de la dérivée secondef′′ pour étudier la concavité et les points d'inflexion ;
écrire l'équation de la tangente à une courbe en un point donné.
1Introduction : à quoi sert la dérivation ?
La dérivation est l'un des outils les plus puissants des mathématiques. Elle répond à une question apparemment simple mais centrale : à quelle vitesse une grandeur varie-t-elle à un instant précis ?
Considérons une voiture dont la position évolue dans le temps. On sait calculer sa vitesse moyenne : il suffit de diviser la distance parcourue par la durée du trajet. Mais comment connaître la vitesse affichée par le compteur à un instant exact, par exemple à 3s pile ? C'est précisément ce que permet la dérivation : passer d'une variation moyenne (entre deux instants) à une variation instantanée (en un seul point), grâce à l'idée de limite.
Géométriquement, le même outil répond à une autre question : quelle est l'inclinaison exacte d'une courbe en un point donné ? La réponse est la pente de la tangente, et nous verrons qu'elle coïncide exactement avec le nombre dérivé.
Remarque
La dérivation se construit en trois temps que ce cours suit dans l'ordre :
le nombre dérivé en un point (section 2) : la définition fondatrice ;
les formules de dérivation (section 3) : pour dériver sans recalculer de limite à chaque fois ;
les propriétés des dérivées (sections 4, 5, 6) : ce que f′ et f′′ nous apprennent sur la fonction f (variations, extremums, concavité, tangente).
2Le nombre dérivé et la fonction dérivée
Le taux d'accroissement (variation moyenne)
Avant de parler de variation instantanée, il faut parler de variation moyenne entre deux points. C'est le rôle du taux d'accroissement.
Définition2.1Taux d'accroissement de f entre x0 et x0+h
Soit f une fonction et x0 un point de son domaine. Pour un petit écart h=0, le taux d'accroissement (ou taux de variation moyen) de f entre x0 et x0+h est le quotient
τ(h)=hf(x0+h)−f(x0).
Décortiquons ce quotient, terme par terme :
où :
f(x0+h)−f(x0) : la variation de la sortie (de l'ordonnée y), c'est-à-dire de combien la fonction a augmenté ou diminué. Unité : celle de y (par exemple des mètres en cinématique) ;
h=(x0+h)−x0 : la variation de l'entrée (de l'abscisse x), l'écart entre les deux points. Unité : celle de x (par exemple des secondes) ;
τ(h) : le rapport des deux, soit la variation de ypar unité de variation de x. Son unité est donc [y]/[x] (par exemple des ).
Géométriquement, τ(h) est la pente de la sécante qui joint les deux points A(x0,f(x0)) et B(x0+h,f(x0+h)) de la courbe.
Figure 1 : le taux d'accroissement est la pente de la sécante (AB). Le triangle « horizontal h, vertical f(x0+h)−f(x0) » donne directement τ(h).
Le nombre dérivé (variation instantanée)
Faisons maintenant tendre h vers 0 : le point B glisse sur la courbe et se rapproche de A. La sécante (AB) pivote autour de A et tend vers une position limite : la tangente. La pente de cette tangente est le nombre dérivé.
Définition2.2Fonction dérivable en un point — nombre dérivé
On suppose que la fonction f est continue au point x=x0. On dit que f est dérivable au pointx=x0 si le taux d'accroissement de f au point x0 admet une limite réelle lorsque h tend vers zéro. Cette limite est appelée nombre dérivé de f en x0 et se note f′(x0) :
h→0limhf(x0+h)−f(x0)=f′(x0)
où :
x0 : le point où l'on calcule la dérivée (une abscisse fixée) ;
h : l'écart qui tend vers 0 — c'est le cœ ur du passage « moyen → instantané » ;
f′(x0) : le nombre dérivé, valeur unique qui mesure la variation instantanée de f en x0. C'est un nombre, pas une fonction. Son unité est [y]/[x] ;
« limite réelle » : la limite doit exister et être un nombre fini. Si elle n'existe pas (ou vaut ±∞), f n'est pas dérivable en x0.
RemarqueUne autre écriture, utile pour la tangente
En posant x=x0+h (donc h=x−x0, et h→0⇔x→x0), la même définition s'écrit
f′(x0)=x→x0limx−x0f(x)−f(x0).
Cette forme « avec x » est celle qu'on retrouvera pour l'équation de la tangente (section 6).
Interprétation géométrique : la pente de la tangente
Propriété2.1Nombre dérivé = pente de la tangente
Si f est dérivable en x0, alors la courbe de f admet au point P0(x0,f(x0)) une tangente dont le coefficient angulaire (la pente) est exactement f′(x0).
C'est l'image à retenir : la tangente est la « position limite » des sécantes lorsque le second point se rapproche du premier.
Figure 2 : quand h→0, les sécantes (en gris) pivotent vers la tangente (en vert). Sa pente est f′(x0).
Interprétation cinématique : la vitesse instantanée
En physique, si f(x) donne la position d'un mobile en fonction du temps x, alors :
le taux d'accroissement hf(x0+h)−f(x0) est la vitesse moyenne entre les instants x0 et x0+h ;
le nombre dérivé f′(x0) est la vitesse instantanée à l'instant x0.
Détaillons l'exemple fondateur du livre, celui d'un mobile en mouvement rectiligne uniformément accéléré (MRUA).
ExempleVitesse instantanée d'un mobile en MRUA
On considère la trajectoire d'un mobile en MRUA d'équation horaire
y=f(x)=21x2,
avec une accélération a=1m/s2, x le temps en secondes et une vitesse initiale v0=0m/s. On cherche la dérivée f′(x0), c'est-à-dire la vitesse instantanée à l'instant x0.
Étape 4 — faire tendre h vers 0. Le terme h disparaît :
f′(x0)=22x0+0=x0.
Conclusion. D'où f′(x0)=x0. Cela donne directement la vitesse instantanée à chaque instant :
pour x0=3⇒f′(x0)=3 : la vitesse instantanée vaut 3m/s à l'instant 3s ;
pour x0=4⇒f′(x0)=4 : la vitesse instantanée vaut 4m/s à l'instant 4s.
Vérification par l'accélération. Avec ces deux vitesses instantanées, on retrouve bien
a=1m/s2=ΔtΔv=14−3.
On constate donc que pour f(x)=21x2, on a f′(x)=x : la dérivée transforme la loi de position en loi de vitesse.
Figure 3 : la parabole de position y=21x2. Le rapport hf(x0+h)−f(x0) tend vers la pente de la tangente, qui vaut x0 (la vitesse instantanée).
De la dérivée en un point à la fonction dérivée
Dans l'exemple précédent, on a trouvé que f′(x0)=x0quel que soit le point x0 choisi. Autrement dit, à chaque abscisse x on peut associer le nombre dérivé en ce point : cela définit une nouvelle fonction, la fonction dérivée, notée f′.
Définition2.3Fonction dérivée
Lorsque f est dérivable en tout point d'un intervalle I, la fonction dérivée de f est la fonction
f′:x⟼f′(x)=h→0limhf(x+h)−f(x),
qui à chaque x de I associe le nombre dérivé de f en ce point.
AttentionNe pas confondre f′(x0) et f′
f′(x0) est un nombre (le nombre dérivé en un point précis x0) ; f′ est une fonction (la fonction dérivée). On obtient le premier en évaluant la seconde en x0.
RemarqueDérivabilité et continuité
Si une fonction est dérivable en x0, alors elle y est nécessairement continue. La réciproque est fausse : une fonction peut être continue sans être dérivable (par exemple en un point « anguleux » comme le sommet de ∣x∣ en 0, où la tangente n'est pas définie de manière unique). C'est pourquoi la définition commence par supposer f continue en x0.
3Le formulaire de dérivation
Calculer une dérivée à partir de la limite du taux d'accroissement est long et fastidieux. Heureusement, une fois la dérivée des fonctions de base établie (par la définition), on dispose de règles qui permettent de dériver presque toutes les fonctions usuelles sans recalculer de limite.
Dans tout ce qui suit, on adopte les conventions du livre :
où :
a : une constante non nulle et positive ;
C : une constante quelconque ;
U et V : des fonctions de la variable x ;
x : la variable indépendante ;
U′, V′ : les dérivées de U et V. La dérivée de U(V) se note U′(V′).
Les dérivées de référence
Formule3.1Dérivée d'une constante
C′=0(C est une constante).
Interprétation. Une fonction constante est une droite horizontale : sa pente est nulle partout, donc sa dérivée est nulle. Exemple : si y=3, alors y′=0.
Formule3.2Dérivée de la variable
x′=1.
Interprétation. La fonction y=x est la première bissectrice, droite de pente 1 ; sa dérivée vaut donc 1. Exemple : si y=2x, alors y′=2 (la pente de la droite y=2x).
Formule3.3Dérivée d'une puissance (forme composée)
(Un)′=n×Un−1×U′.
où :
U : une fonction de x ;
n : l'exposant (entier, fractionnaire, positif ou négatif) ;
U′ : la dérivée de la fonction U — c'est le facteur qui « vient de l'intérieur » (règle de la chaîne).
Cas particulier essentiel. Si U=x (donc U′=1), on retrouve (xn)′=nxn−1. Cette formule fonctionne aussi avec des racines et des exposants négatifs, à condition de réécrire la racine sous forme de puissance : nxp=xp/n.
ExempleLa puissance sous toutes ses formes
Puissance entière :y=x4⇒y′=4×x3×x′=4x3×1=4x3.
Racine cubique : on écrit y=3x2=x2/3, puis y'=23× x^23-1× x' =23× x^-13 =23×1[3]x.
Racine carrée : on écrit y=x=x1/2, puis y'=12 x^12-1 x'=12 x^-12=12x.
Forme générale :y=nxp=xp/n⇒y′=npxnp−1=…
Comment faireDériver une racine ou un exposant négatif
Réécrire la racine en puissance : x=x1/2, 3x2=x2/3, x21=x−2.
Appliquer(xn)′=nxn−1 : on descend l'exposant devant et on retire1 à l'exposant.
Revenir si besoin à la notation racine (x−1/2=x1) pour présenter un résultat « propre ».
Les règles opératoires
Formule3.4Dérivée d'une somme
(U+V)′=U′+V′.
Interprétation. La dérivée d'une somme est la somme des dérivées : on dérive chaque terme séparément. (De même, (U−V)′=U′−V′, et (aU)′=aU′ : une constante multiplicative « sort » de la dérivée.)
ExempleSomme d'une puissance et d'une racine
Soit y=x2+3x. On dérive terme à terme :
y′=(x2)′+(3x)′=2x+31×3x21(n∈N0).
Formule3.5Dérivée d'un produit
(U×V)′=U′×V+U×V′.
où :
U′×V : on dérive le premier facteur, on garde le second ;
U×V′ : on garde le premier facteur, on dérive le second ;
on additionne les deux. Attention :(UV)′=U′V′ (erreur classique !).
ExempleDérivée d'un produit
Soit y=x×x+1. Posons U=x et V=x+1. Alors U′=1 et V′=2x+11 (racine d'une fonction composée). D'où
Comment faireDériver un quotient U/V sans se tromper de signe
Identifier le haut U et le bas V, puis calculer à part U′ et V′.
Écrire le numérateur dans le bon ordre : U′V−UV′ (jamais UV′−U′V).
MettreV2 au dénominateur.
Développer et simplifier le numérateur seulement (on laisse souvent V2 factorisé).
Les dérivées trigonométriques
Formule3.7Sinus et cosinus composés
(sinU)′=U′×cosUet(cosU)′=U′×(−sinU).
À retenir : dériver cos fait apparaître un signe moins. Le facteur U′ est toujours présent dès que l'argument n'est pas simplement x.
ExempleSinus et cosinus d'une fonction
y=sin(x2)⇒y′=(x2)′×cos(x2)=2xcos(x2).
y=cos2x⇒y′=(2x)′×(−sin2x)=−21sin2x.
Formule3.8Tangente et cotangente composées
(tgU)′=U′×cos2U1et(cotgU)′=−U′×sin2U1.
ExempleDérivée de tg et cotg
y=tg(2x)⇒y′=(2x)′×cos2(2x)1=cos2(2x)2.
y=cotgx⇒y′=−(x)′×sin2x1=sin2x−1.
Les dérivées des fonctions trigonométriques inverses
Formule3.9Arc sinus et arc cosinus
(arcsinU)′=1−U2U′et(arccosU)′=1−U2−U′.
Comme pour cos, l'arc cosinus introduit un signe moins. Le dénominateur 1−U2 impose −1<U<1.
ExempleDérivée de arcsin et arccos
y=arcsinx⇒y′=1−x2(x)′=1−x21.
y=arccos(x2)⇒y′=1−(x2)2−(x2)′=1−x4−2x.
Formule3.10Arc tangente et arc cotangente
(arctgU)′=1+U2U′et(arccotgU)′=1+U2−U′.
ExempleDérivée de arctg et arccotg
y=arctg(2x)⇒y′=1+(2x)2(2x)′=1+4x22.
y=arccotgx⇒y′=1+(x)2−(x)′=1+x2−1.
Les dérivées logarithmiques et exponentielles
Formule3.11Logarithme de base a et logarithme népérien
(logaU)′=UlnaU′et(lnU)′=U×lneU′=UU′.
où :
lna : le logarithme népérien de la base a (constante). Pour le logarithme décimal, a=10 donc ln10 apparaît ;
lne=1 : c'est pourquoi le cas du logarithme népérien se simplifie en UU′ ;
U′ : la dérivée de l'argument (règle de la chaîne).
ExempleDérivée de logarithmes
y=log3x⇒y′=xln3(x)′=xln31.
y=log10x⇒y′=xln10(x)′=xln101.
y=lnx⇒y′=x(x)′=x1.
Formule3.12Exponentielle de base a
(aU)′=U′×aU×lna.
Cas particulier. Pour a=e (puisque lne=1), on obtient la propriété remarquable (eU)′=U′eU : l'exponentielle népérienne est « sa propre dérivée » (au facteur U′ près).
ExempleDérivée d'une exponentielle
y=3x⇒y′=(3x)′=(x)′×3x×ln3=3x×ln3.
Tableau récapitulatif des 17 formules
Le tableau ci-dessous rassemble toutes les formules, avec à gauche la règle et à droite une application typique. C'est le formulaire à mémoriser.
No
Formule de dérivation
Application
1.
C′=0
y=3⇒y′=0
2.
x′=1
y=2x⇒y′=2
3.
(Un)′=nUn−1U′
y=x4⇒y′=4x3 ; y=x⇒y′=2x1
4.
(U+V)′=U′+V′
y=x2+3x⇒y′=2x+33x21
5.
(UV)′=U′V+UV′
y=xx+1⇒y′=x+1+2x+1x
6.
(VU)′=V2U′V−UV′
y=1+x4x2⇒y′=(1+x4)22x(1+x4)−x2(4x3)
7.
(sinU)′=U′cosU
y=sinx2⇒y′=2xcosx2
8.
(cosU)′=−U′sinU
y=cos2x⇒y′=−21sin2x
9.
(tgU)′=cos2UU′
y=tg2x⇒y′=cos22x2
10.
(cotgU)′=sin2U−U′
y=cotgx⇒y′=sin2x−1
11.
(arcsinU)′=1−U2U′
y=arcsinx⇒y′=1−x21
12.
(arccosU)′=1−U2−U′
y=arccosx2⇒y′=1−x4−2x
13.
(arctgU)′=1+U2U′
y=arctg2x⇒y′=1+4x22
14.
(arccotgU)′=1+U2−U′
y=arccotgx⇒y′=1+x2−1
15.
(logaU)′=UlnaU′
y=log10x⇒y′=xln101
16.
(lnU)′=UU′
y=lnx⇒y′=x1
17.
(aU)′=U′aUlna
y=3x⇒y′=3xln3
Remarque
Dans ce tableau récapitulatif, les ensembles de définition des fonctions ne sont pas précisés. En pratique, il faut toujours vérifier où la fonction (et sa dérivée) sont définies : par exemple x n'est dérivable que pour x>0, lnx que pour x>0, tgx que là où cosx=0, etc.
La dérivation des fonctions composées
Les formules 3, 7 à 17 contiennent toutes le facteur U′ : c'est la marque de la règle de dérivation en chaîne. On dérive « de l'extérieur vers l'intérieur », et on multiplie par la dérivée de l'intérieur.
Comment faireDériver une fonction composée (« en pelures d'oignon »)
Repérer la couche externe (la dernière opération appliquée) : est-ce un carré ? un sinus ? une racine ? un logarithme ?
Dériver cette couche en gardant l'intérieur intact (avec la formule correspondante).
Multiplier par la dérivée de l'intérieur (U′).
Recommencer si l'intérieur est lui-même composé (on enchaîne les facteurs).
ExempleComposition de plusieurs couches : y=sin2(x+1)
La fonction comporte trois couches : un carré, un sinus, une racine. On utilise successivement (Un)′=nUn−1U′ puis (sinU)′=U′cosU.
On rencontre souvent des fonctions où l'on ne connaît pas f explicitement, mais seulement le fait qu'elle est dérivable. Les deux résultats suivants sont alors précieux.
ExempleLe carré d'une fonction : g=f2
Soit f dérivable sur R et g(x)=f2(x). Comme g=f×f (produit de deux fonctions), la règle du produit donne
À retenir :(f2)′=2f′f et non2f : le facteur f′ est indispensable (c'est encore la règle de la chaîne, avec (U2)′=2UU′).
ExempleTrois fois le logarithme d'une fonction : g=3ln∣f∣
Soit f dérivable et ne s'annulant pas sur un intervalle I, et g(x)=3ln∣f(x)∣. On distingue deux cas selon le signe de f, mais le résultat est le même :
si f(x)>0 : g=3lnf, donc g′=3×ff′ ;
si f(x)<0 : g=3ln(−f), donc g′=3×−f(−f)′=3×−f−f′=3×ff′.
Dans les deux cas :
g′(x)=3×f(x)f′(x).
La valeur absolue ne change donc rien à la dérivée : (ln∣f∣)′=ff′.
ExempleComposée avec une fonction inconnue : v(x)=u(ln(x+1)) et v(x)=u(3x)
Soit u dérivable. La règle de la chaîne « dérivée de l'extérieur évaluée en l'intérieur, × dérivée de l'intérieur » donne :
v(x)=u(3x)⇒v′(x)=(3x)′×u′(3x)=3u′(3x). En particulier si u(x)=x2 (donc u′(x)=2x et u′(3x)=2×3x=6x), on obtient v′(x)=3×6x=18x. On le vérifie directement : v(x)=u(3x)=(3x)2=9x2, d'où v′(x)=(9x2)′=18x. ✓
4Propriétés de la dérivée première : variations et extremums
On entre maintenant dans le cœ ur des applications de la dérivation. La fonction dérivée f′ n'est pas un simple objet de calcul : son signe raconte tout le comportement de f.
Propriété4.1Signe de f′ et sens de variation
Soit une fonction f définie et dérivable sur R (ou sur un intervalle). Le signe de la fonction dérivée f′ nous informe sur la croissance, la décroissance et l'existence des extremums locaux (maximum et minimum) de f :
si f′(x)>0⇒ la fonction f est croissante ;
si f′(x)<0⇒ la fonction f est décroissante ;
si f′(x)=0en changeant de signe⇒ la fonction f présente un extremum local, c'est-à-dire :
un maximum local lorsque f′ passe du signe positif au signe négatif ;
un minimum local lorsque f′ passe du signe négatif au signe positif.
Pourquoi ? Si la pente de la tangente est positive (f′>0), la courbe « monte » quand on avance vers la droite : f croît. Si la pente est négative (f′<0), la courbe « descend ». Entre une montée et une descente, la courbe atteint un sommet (maximum) ; entre une descente et une montée, un creux (minimum). En ces points, la tangente est horizontale, donc f′=0.
La figure ci-dessous est le tableau de variation de référence : f′ est positive, s'annule en x0 en devenant négative (maximum), puis s'annule en x1 en redevenant positive (minimum).
Figure 4 : tableau de variation. La fonction f a un maximum local en x=x0 et un minimum local en x=x1.
RemarqueLe changement de signe est essentiel
Soit f définie et dérivable sur ]a;b[. Si f′ s'annule en x0 (x0∈]a;b[) et change de signe, alors f admet un extremum local en x0.
Si f′ s'annule sans changer de signe, il n'y a pas d'extremum (la courbe a juste une tangente horizontale puis repart dans le même sens : c'est un point d'inflexion à tangente horizontale).
On peut aussi avoir un maximum/minimum sans dérivée nulle (par exemple à un point anguleux, ou au bord d'un intervalle fermé).
Comment faireDresser le tableau de variation d'une fonction
Déterminer le domaine de définition de f.
Calculer f′(x) avec les formules de dérivation.
Résoudre f′(x)=0 : ce sont les abscisses candidates aux extremums (les « racines » de f′).
Étudier le signe de f′ entre ces racines (tableau de signes — souvent en factorisant f′).
Repérer les extremums là où f′ change de signe, et calculer les valeurs f(xi).
Exemple détaillé : une dérivée qui ne change pas de signe
Exemplef(x)=3x3−3x2+x+1 — fonction toujours croissante
On considère f définie sur R par f(x)=3x3−3x2+x+1. Étudions ses variations.
Étape 1 — calculer la dérivée.f est dérivable sur R (polynôme) et
f′(x)=3×3x2−3×2x+1+0=9x2−6x+1.
Étape 2 — factoriser et chercher les racines. On reconnaît une identité remarquable :
f′(x)=9x2−6x+1=(3x−1)2.
Cette dérivée s'annule au point x=31 (car 3x−1=0⇔x=31).
Étape 3 — étudier le signe. Un carré est toujours positif ou nul : (3x−1)2≥0 pour tout x. Donc f′(x)≥0 partout, et f′ne change pas de signe en 31 (elle s'annule mais reste positive de part et d'autre).
Étape 4 — conclure. La fonction f est croissante sur tout R. Bien que f′(31)=0, il n'y a aucun extremum local (la dérivée ne change pas de signe) : en x=31, la courbe présente seulement une tangente horizontale, c'est un point d'inflexion à tangente horizontale.
Figure 5 : la courbe de f(x)=3x3−3x2+x+1 est strictement croissante ; en x=31 la tangente est horizontale mais il n'y a pas d'extremum.
Exemple détaillé : compter les extremums
Exemplef(x)=5x5−16x — combien d'extremums ?
On considère f définie sur R par f(x)=5x5−16x. Cherchons le nombre d'extremums locaux.
Étape 1 — dériver.
f′(x)=55x4−16=x4−16.
Étape 2 — factoriser. On utilise deux fois l'identité a2−b2=(a−b)(a+b) :
f′(x)=x4−16=(x2−4)(x2+4)=(x−2)(x+2)(x2+4).
Étape 3 — résoudre f′(x)=0. Le facteur x2+4>0 ne s'annule jamais. Il reste
f′(x)=0⟺x=2oux=−2.
Étape 4 — tableau de signes. On reporte les signes de chaque facteur :
Étape 5 — conclure. La dérivée f′ change de signe deux fois :
en x=−2 : f′ passe de + à −⇒maximum local en −2 ;
en x=2 : f′ passe de − à +⇒minimum local en 2.
La fonction possède donc exactement 2 extremums locaux.
Figure 6 : la courbe de f(x)=5x5−16x présente un maximum local en x=−2 et un minimum local en x=2.
5Propriétés de la dérivée seconde : concavité et inflexion
La dérivée f′ est elle-même une fonction : on peut donc la dériver à son tour. On obtient la dérivée seconde, notée f′′ (lire « f seconde »). Là où f′ renseigne sur les variations de f, la dérivée seconde f′′ renseigne sur la forme de la courbe : sa concavité.
Définition5.1Dérivée seconde
Soit f′ définie et dérivable sur R. La dérivée seconde de f est la dérivée de la dérivée première :
f′′(x)=(f′(x))′.
Propriété5.1Signe de f′′ et concavité
C'est la dérivée seconde f′′ qui nous informe sur la concavité de la courbe et sur les points d'inflexion :
si f′′(x)>0⇒ la concavité est orientée vers les ypositifs (vers le haut) : la courbe a la forme d'un « bol » ⌣ ;
si f′′(x)<0⇒ la concavité est orientée vers les ynégatifs (vers le bas) : la courbe a la forme d'une « cloche » ⌢ ;
le point A(x0,y0) est un point d'inflexion de f si et seulement si :
f′′(x0)s'annule en changeant de signe, et
f′(x0) existe.
Image à retenir. Un point d'inflexion est un point où la courbe « change de courbure » : elle passe de creuse vers le haut à creuse vers le bas (ou l'inverse). C'est l'endroit où la tangente traverse la courbe.
Figure 7 : à gauche f′′>0 (bol, vers le haut), au milieu un point d'inflexion (changement de concavité), à droite f′′<0 (cloche, vers le bas).
Comment faireÉtudier la concavité et trouver les points d'inflexion
Calculerf′, puis dériver à nouveau pour obtenir f′′.
Résoudref′′(x)=0 : ce sont les candidats « points d'inflexion ».
Étudier le signe de f′′ : là où f′′>0, concavité vers le haut ; là où f′′<0, concavité vers le bas.
Confirmer chaque point d'inflexion : il faut que f′′change de signe (et que f′ existe au point).
ExempleUne concavité toujours tournée vers le haut
Soit f(x)=x−3ln∣x+2∣, définie sur R∖{−2} (on l'étudiera complètement à la section 8). Sa dérivée première est f′(x)=1−x+23. Dérivons une seconde fois :
Le facteur (x+2)2 est strictement positif pour tout x=−2. Donc f′′(x)>0 sur tout R∖{−2} : la concavité de f est toujours orientée vers le haut, et la fonction n'admet aucun point d'inflexion (puisque f′′ ne change jamais de signe).
Lecture d'un point particulier. La courbe de f′′ coupe l'axe des ordonnées au point d'abscisse 0, c'est-à-dire en (0;f′′(0)) :
f′′(0)=(0+2)23=43=0,75,
donc ce point de rencontre est (0;43).
6L'équation de la tangente
On a vu que f′(x0) est la pente de la tangente à la courbe au point d'abscisse x0. On peut maintenant écrire l'équation complète de cette droite tangente.
Propriété6.1Équation de la tangente en un point
Soit f une fonction dérivable en x0. Dans un repère orthonormé, la droite passant par P0(x0;f(x0)) et de pente f′(x0) est la tangente à la courbe d'équation y=f(x) au point P0. Son équation est :
y=(x−x0)f′(x0)+f(x0)
où :
f′(x0) : la pente (coefficient angulaire) de la tangente — le nombre dérivé en x0 ;
f(x0) : l'ordonnée du point de contact P0 ;
x0 : l'abscisse du point de contact ;
(x;y) : les coordonnées d'un point quelconque de la tangente.
D'où vient cette formule ? Une droite de pente m passant par (x0;y0) a pour équation y−y0=m(x−x0). En prenant m=f′(x0) et y0=f(x0), on retrouve exactement la formule encadrée. La tangente de f en P0 est aussi la limite du taux x−x0f(x)−f(x0) quand x tend vers x0.
Figure 8 : la tangente en P0 est la position limite de la sécante (P0P) lorsque P→P0. Sa pente est f′(x0).
Comment faireDéterminer l'équation de la tangente en x=x0
Calculer f(x0) : l'ordonnée du point de contact.
Calculer f′(x), puis évaluer f′(x0) : la pente.
Remplacer dans y=(x−x0)f′(x0)+f(x0).
Développer pour obtenir la forme y=mx+p si on le souhaite.
RemarqueTangentes particulières
Tangente horizontale : si f′(x0)=0, la tangente est horizontale d'équation y=f(x0) (cas des extremums et inflexions à tangente horizontale).
Droites perpendiculaires : deux droites de pentes m1 et m2 sont perpendiculaires si et seulement si m1×m2=−1 (c'est-à-dire m2=−m11, « l'opposé de l'inverse »).
Lecture de pente sur un graphe : plus la courbe « monte raide » en un point, plus f′ y est grand ; une courbe qui « descend » a f′<0.
Exemple détaillé : tangente horizontale
ExempleUne tangente horizontale en x=1 pour f(x)=x−3ln∣x+2∣
Reprenons f(x)=x−3ln∣x+2∣, dont la dérivée est f′(x)=1−x+23 (calcul détaillé à la section 8). L'équation de la tangente au point d'abscisse x=1 est y=(x−1)f′(1)+f(1).
Pente.
f′(1)=1−1+23=1−33=1−1=0.
La pente est nulle : la tangente est horizontale.
Ordonnée du point de contact.
f(1)=1−3ln∣1+2∣=1−3ln3.
Équation de la tangente. Avec f′(1)=0 :
y=(x−1)×0+(1−3ln3)⟹y=1−3ln3.
C'est bien l'équation d'une droite horizontale.
Exemple détaillé : retrouver f′(x0) à partir d'un point de la tangente
ExempleLa tangente en x=1 passe par (3;2), avec f(1)=0
Soit f continue et dérivable sur R. On sait, par lecture graphique, que f(1)=0 et que la tangente à la courbe au point d'abscisse 1 passe également par le point de coordonnées (3;2). Quel est le nombre dérivé f′(1) ?
Méthode 1 — par la formule de la tangente. L'équation de la tangente en x=1 est y=(x−1)f′(1)+f(1). Comme elle passe par (3;2), on remplace x=3 et y=2 :
2=(3−1)f′(1)+f(1)=2f′(1)+0.
On résout : 2=2f′(1)⇒f′(1)=1.
Méthode 2 — par la pente entre deux points. Le nombre dérivé f′(1) est le coefficient angulaire de la tangente. Cette droite passe par les points (1;f(1))=(1;0) et (3;2). Sa pente vaut donc
f′(1)=3−12−0=22=1.
Les deux méthodes concordent : f′(1)=1.
Exemple détaillé : tangentes et perpendicularité
ExempleTangente perpendiculaire à une droite donnée
Toujours pour f(x)=x−3ln∣x+2∣ (donc f′(x)=1−x+23), montrons que la tangente au point d'abscisse x=0 est perpendiculaire à la droite d'équation y=2x+1.
Pente de la tangente en 0.
f′(0)=1−0+23=1−23=−21.
Ordonnée du point de contact.f(0)=0−3ln∣0+2∣=−3ln2.
Équation de la tangente en 0.
y=(x−0)×(−21)+(−3ln2)=−21x−3ln2.
Test de perpendicularité. La droite y=2x+1 a pour pente m1=2 ; la tangente a pour pente m2=−21. Or
m1×m2=2×(−21)=−1.
Le produit des pentes vaut −1 : les deux droites sont bien perpendiculaires. (Autrement dit, −21 est « l'opposé de l'inverse » de 2.)
7Lire un graphe : relier ff, f′f' et f′′f”
Beaucoup de questions ne demandent aucun calcul : il suffit de lire une courbe et d'en déduire des informations sur la dérivée. Voici les correspondances à maîtriser, puis des exemples détaillés.
Comment faireDéduire le signe de f′ et f′′ à partir de la courbe de f
Où f monte (croissante) ⇒f′>0 ; où f descend (décroissante) ⇒f′<0.
Aux sommets et aux creux (extremums) à tangente horizontale ⇒f′=0.
Où la courbe est un « bol »⌣ (concave vers le haut) ⇒f′′>0 ; où elle est une « cloche »⌢ (concave vers le bas) ⇒f′′<0.
La courbe de f′ coupe l'axe des x là où f a un extremum ; elle est au-dessus de l'axe là où f croît, en dessous là où f décroît.
Exemple détaillé : analyser une courbe donnée
ExempleLecture d'une courbe avec maximum et minimum
On considère une fonction f définie sur [−8;8] dont l'allure est la suivante : f croît fortement de x=−8 jusqu'à un maximum au point C (vers x≈0, à hauteur y≈7), puis chute jusqu'à un minimum au point B (vers x≈1, à hauteur y≈0), et remonte doucement ensuite ; le point A se situe juste après B, sur la partie remontante.
Analysons quelques affirmations typiques :
« f est croissante sur [1;8] » — Vrai. Après le minimum B (vers x=1), la courbe remonte : pour x1<x2 dans [1;8], on a f(x1)<f(x2).
« f′ est strictement positive sur [−8;−2] » — Vrai. Sur cette partie, f est strictement croissante, donc sa pente (donc f′) est strictement positive.
« Au point A, la dérivée de f est nulle » — Faux. En A la courbe monte (partie remontante après B) : la tangente est une droite oblique de pente positive, donc f′(A)>0, pas 0.
« f a un maximum et un minimum sur [−8;8] » — Vrai : maximum local au point C, minimum local (négatif ou nul) au point le plus bas, situé entre A et B.
« La tangente au point C est horizontale » — Vrai : C est un maximum, donc f′(C)=0 et la tangente y est horizontale.
« La tangente au point A a un coefficient angulaire positif » — Vrai, car la courbe monte en A (cohérent avec f′(A)>0).
Comparer des nombres dérivés. Pour deux abscisses, on compare les pentes : là où la courbe monte plus raide, f′ est plus grand. Par exemple, si en x=−4 la montée est plus raide qu'en x=0 (sommet, pente nulle), alors f′(−4)>f′(0).
Exemple détaillé : la courbe de ff et celle de f′f'
ExempleReconnaître la courbe de la dérivée
Soit f continue et dérivable, dont la courbe a la forme d'une cubique : elle monte jusqu'à un maximum en x=0, descend jusqu'à un minimum en x=2, puis remonte. Quelle est l'allure de la courbe de f′ ?
Raisonnement.
f admet un extremum en x=0 et en x=2⇒f′(0)=0 et f′(2)=0 : la courbe de f′coupe l'axe des x en 0 et en 2.
Avant 0, f croît ⇒f′>0 (courbe de f′ au-dessus de l'axe).
Entre 0 et 2, f décroît ⇒f′<0 (courbe de f′ sous l'axe).
Après 2, f croît ⇒f′>0 (au-dessus de l'axe).
La dérivée d'une cubique est une parabole ; ici elle s'annule en 0 et 2, est positive à l'extérieur de [0;2] et négative à l'intérieur : c'est donc une parabole tournée vers le haut, passant par (0;0) et (2;0).
Figure 9 : la courbe de f (trait plein bleu) a ses extremums en x=0 et x=2 ; la courbe de f′ (pointillés rouges) y coupe l'axe des abscisses.
Exemple détaillé : retrouver une fonction à partir d'un tableau de signes
ExempleQuelle fonction colle au tableau de signes de f′ ?
On donne le tableau de signes suivant pour f′ : la dérivée f′ est strictement positive partout (+ avant et après), sauf en x=32 où elle n'est pas définie (symbole ∄). Parmi plusieurs expressions, laquelle correspond ?
Lecture du tableau. On cherche une fonction f dont la dérivée f′ vérifie deux conditions : (i)f′(x)>0 pour tout x=32, et (ii)f′ n'est pas définie en x=32. La non-définition en 32 suggère un dénominateur qui s'annule, du type (2−3x), car 2−3x=0⇔x=32.
Test du bon candidatf(x)=2−3x−3x2+4x. C'est un quotient VU avec U=−3x2+4x (donc U′=−6x+4) et V=2−3x (donc V′=−3). La règle du quotient donne :
f′(x)=(2−3x)2(−6x+4)(2−3x)−(−3x2+4x)(−3).
Développons le numérateur :
(−6x+4)(2−3x)=−12x+18x2+8−12x=18x2−24x+8,
−(−3x2+4x)(−3)=−(9x2−12x)=−9x2+12x.
Somme : 18x2−24x+8−9x2+12x=9x2−12x+8. Donc
f′(x)=(2−3x)29x2−12x+8.
Signe. Le dénominateur (2−3x)2>0. Pour le numérateur, le discriminant vaut
Δ=(−12)2−4×9×8=144−288=−144<0,
et le coefficient dominant a=9>0 : un trinôme de discriminant négatif garde le signe de a, donc 9x2−12x+8>0partout. Ainsi f′(x)>0 pour tout x=32, et f′ n'est pas définie en 32 : les deux conditions du tableau sont vérifiées.
Pourquoi pas les autres ? Pour f(x)=2−3xx2−1, on trouve f′(x)=(2−3x)2−3x2+4x−3, dont le numérateur −3x2+4x−3 a Δ=16−36=−20<0 et a=−3<0 : il est toujours négatif, donc f′<0 — cela ne colle pas. De même f(x)=2−3x−3 donne f′(x)=(2−3x)2−9<0. Ces candidats sont écartés.
8Étude de fonction complète : mettre tous les outils ensemble
Cette section rassemble tout le cours sur un seul exemple « fil rouge », étudié à fond. On y voit comment domaine, dérivée première, tableau de variation, dérivée seconde, concavité et tangentes s'articulent.
ExempleÉtude complète de f(x)=x−3ln∣x+2∣
On considère, dans un repère orthonormé, la fonction f définie par f(x)=x−3ln∣x+2∣.
Étape 1 — domaine de définition. Le logarithme exige un argument strictement positif ; la valeur absolue ∣x+2∣ est strictement positive sauf quand x+2=0. Donc
Df=R∖{−2}.
La valeur absolue permet d'écrire f sans le symbole ∣⋅∣ sur deux intervalles :
Étape 2 — dérivée première. On dérive sur chaque morceau avec (lnU)′=UU′ :
sur ]−2;+∞[ : f′(x)=1−3×x+21=1−x+23 ;
sur ]−∞;−2[ : f′(x)=1−3×−x−2−1=1−x+23.
Les deux expressions coïncident : pour tout x∈R∖{−2},
f′(x)=1−x+23=x+2(x+2)−3=x+2x−1
Étape 3 — racine et signe de f′. La dérivée s'annule au numérateur :
f′(x)=0⟺x−1=0⟺x=1.
On étudie le signe du quotient x+2x−1 en plaçant les valeurs −2 (interdite) et 1 :
Étape 4 — variations. On en déduit :
sur ]−∞;−2[ : f′>0, f est croissante ;
sur ]−2;1[ : f′<0, f est décroissante ;
sur ]1;+∞[ : f′>0, f est croissante.
En x=1, f′ passe de − à + : f admet un minimum local en 1, de valeur f(1)=1−3ln3. En particulier, f est strictement croissante sur [1;4].
Étape 5 — dérivée seconde et concavité. On dérive f′(x)=1−3(x+2)−1 :
f′′(x)=−3×(−1)(x+2)−2=(x+2)23.
Comme (x+2)2>0 pour tout x=−2, on a f′′(x)>0 partout : la concavité est toujours vers le haut, et il n'y a aucun point d'inflexion.
Étape 6 — quelques tangentes remarquables. (Voir aussi les exemples de la section 6.)
En x=1 : f′(1)=1+21−1=0, donc la tangente est horizontale : y=1−3ln3 (cohérent avec le minimum).
En x=4 : f′(4)=4+24−1=63=21 : le coefficient angulaire de la tangente vaut 21.
En x=0 : f′(0)=0+20−1=−21 ; la tangente y=−21x−3ln2 est perpendiculaire à y=2x+1 (produit des pentes =−1).
Étape 7 — point de rencontre de f′′ avec l'axe des ordonnées. C'est (0;f′′(0)) avec f′′(0)=(0+2)23=43=0,75. Le point est (0;43).
Synthèse graphique.
Figure 10 : la courbe de f(x)=x−3ln∣x+2∣. Asymptote verticale en x=−2 (hors domaine), branche gauche croissante, minimum local en x=1, concavité toujours vers le haut.
Exemple détaillé : reconstituer les paramètres d'une fonction
ExempleTrouver m, n, p pour f(x)=mx2+nx+p
Soit f(x)=mx2+nx+p avec m,n,p∈R. On donne trois informations : (i) la courbe de f coupe l'axe des ordonnées en y=1 ; (ii) la courbe de f′ passe par le point (1;3) ; (iii) l'axe de symétrie de la courbe de f est la droite x=85. Déterminons m, n et p.
Condition (i) — l'ordonnée à l'origine. La courbe coupe l'axe des y en x=0, donc f(0)=1. Or f(0)=m×02+n×0+p=p. D'où
p=1.
Condition (ii) — un point de la dérivée. La dérivée est f′(x)=2mx+n. Le point (1;3) appartient à sa courbe, donc f′(1)=3 :
f′(1)=2m×1+n=2m+n=3.(I)
Condition (iii) — l'axe de symétrie. Pour une parabole mx2+nx+p, l'axe de symétrie est x=2m−n. La condition donne
2m−n=85⟺8(−n)=5(2m)⟺10m+8n=0.(II)
Résolution du système. On résout
{2m+n=310m+8n=0(I)(II)
On multiplie (I) par −5 pour opposer les coefficients de m :
{−10m−5n=−15−10m+8n=0(I′)(II)
La somme (I′)+(II) donne 3n=−15, soit n=−5. En reportant dans (I) : 2m+(−5)=3⇒2m=8⇒m=4.