Charge, quantification et électrisation
Les trois niveaux s'enchaînent. Clique sur « Corrigé » pour révéler la solution d'une seule question.
La charge élémentaire vaut .
- a)
Un corps a perdu électrons. Quelle est sa charge (valeur et signe) ?
On applique ; perdre des électrons , en gagner .
Corps ayant perdu des électrons : positif.
- b)
Un autre corps a gagné électrons. Quelle est sa charge ?
Corps ayant gagné des électrons : négatif.
Une petite sphère porte une charge .
- a)
Combien d'électrons en excès (ou en défaut) porte-t-elle ?
- b)
S'agit-il d'un excès ou d'un défaut d'électrons ? Justifie par le signe de .
: la sphère porte un excès d'électrons ( électrons de trop par rapport aux protons).
On dispose des matériaux suivants : cuivre, verre, plastique, argent, ébonite, aluminium.
- a)
Range-les en deux colonnes : conducteurs / isolants.
Conducteurs : cuivre, argent, aluminium (métaux, charges libres). Isolants : verre, plastique, ébonite (charges liées).
- b)
Lesquels peut-on électriser durablement par frottement ? Explique en une phrase.
Seuls les isolants (verre, plastique, ébonite) se chargent durablement par frottement : la charge y reste localisée. Un métal nu redistribue et écoule aussitôt toute charge, il ne se charge donc pas par frottement.
Une sphère métallique chargée positivement (tenue par un manche isolant) touche une sphère métallique neutre, identique, puis on les sépare.
- a)
Quel est le signe de chaque sphère après le contact ?
Après contact, les deux sphères sont chargées positivement. Les électrons de la sphère neutre passent vers la sphère positive (déficitaire) jusqu'à égaliser : deux corps identiques se partagent la charge, donc chacun porte , de même signe.
- b)
Ce mode d'électrisation crée-t-il de la charge ? Quel principe l'interdit ?
Non : aucune charge n'est créée, on ne fait que répartir les électrons existants. C'est le principe de conservation de la charge.
On approche (sans le toucher) un bâton chargé négativement d'une barre métallique neutre.
- a)
De quel côté de la barre s'accumulent les charges ? les charges ? (complète mentalement le schéma)
Le bâton négatif repousse les électrons libres de la barre : ils fuient vers l'extrémité éloignée (à droite), qui devient négative. L'extrémité proche (à gauche, face au bâton), appauvrie en électrons, devient positive.
- b)
La barre est-elle globalement chargée ? Justifie.
La barre reste globalement neutre : elle n'a ni gagné ni perdu d'électrons, ses charges se sont seulement déplacées (polarisation). Sa charge totale est nulle.
Un atome, initialement neutre, peut gagner ou perdre des électrons pour devenir un ion. On donne .
- a)
L'ion sodium s'obtient en perdant électron. Quelle est sa charge (valeur et signe) ?
On applique : perdre des électrons , en gagner .
a perdu électron : il est positif,
- b)
L'ion oxyde s'obtient en gagnant électrons. Quelle est sa charge ?
a gagné électrons : il est négatif,
La charge d'un corps est toujours un multiple entier de . On propose trois valeurs mesurées :
- a)
Lesquelles de ces charges sont physiquement possibles ?
Une charge est possible seulement si est un entier.
(entier, possible) ; (impossible) ; (entier, possible).
- b)
Pour chaque charge possible, donne le nombre de charges élémentaires en jeu.
Charges possibles : avec ; avec .
On observe deux petites boules toutes deux chargées, suspendues à des fils.
- a)
Situation 1 : que peut-on dire des signes des deux charges ?
Deux charges de même signe se repoussent, deux charges de signes opposés s'attirent.
Répulsion : les deux boules portent des charges de même signe (toutes deux ou toutes deux ).
- b)
Situation 2 : même question.
Attraction : elles portent des charges de signes opposés (une et une ).
On frotte une baguette de verre avec un morceau de soie. Le verre cède facilement une partie de ses électrons à la soie.
- a)
Quel est le signe de la charge du verre ? de la soie ?
Le verre cède des électrons : il en manque, il devient positif. La soie les reçoit : elle devient négative.
- b)
Quel principe garantit que les deux charges obtenues sont opposées et égales ?
Le principe de conservation de la charge : on ne crée aucune charge, on ne fait que transférer des électrons. Ce que perd le verre, la soie le gagne, donc .
Un électroscope est chargé : ses deux feuilles sont écartées. On relie sa boule au sol par un fil métallique.
- a)
Que deviennent les feuilles ? Explique en une phrase.
Les feuilles retombent : la charge en excès s'écoule vers le sol, les feuilles redeviennent neutres et ne se repoussent plus.
- b)
L'électroscope est-il encore chargé après cette opération ?
Non : l'électroscope est déchargé (neutre) une fois relié à la terre.
Une sphère métallique porte la charge . Elle capte ensuite électrons. On donne .
- a)
À quelle charge (en ) correspondent ces électrons captés ?
Les électrons apportent une charge négative :
- b)
En déduire la charge finale de la sphère.
(La sphère reste positive, mais moins qu'avant.)
Pour électriser une tige métallique, on la tient toujours par un manche isolant, jamais à main nue.
- a)
Pourquoi une tige métallique tenue à main nue ne conserve-t-elle aucune charge ?
La main et le corps sont conducteurs et reliés à la terre : toute charge donnée à la tige s'écoule aussitôt vers le sol à travers le corps. La tige ne conserve rien.
- b)
À quoi sert alors le manche isolant ?
Le manche isolant coupe le chemin vers la terre : la charge reste piégée sur la tige métallique.
Une sphère métallique chargée (tenue par un manche isolant) touche une sphère métallique identique et neutre, puis on les sépare.
- a)
Quelle charge porte chaque sphère après séparation ?
Deux sphères identiques se partagent également la charge totale :
- b)
Le nombre total de charges élémentaires du système a-t-il changé ? Justifie.
Non : la charge totale reste (conservation) ; on ne fait que la répartir entre les deux sphères.
On approche (sans la toucher) une tige chargée positivement d'une barre métallique neutre.
- a)
Quel est le signe de l'extrémité proche de la tige ? de l'extrémité éloignée ?
La tige positive attire les électrons libres vers l'extrémité proche, qui devient donc négative. L'extrémité éloignée, appauvrie en électrons, devient positive.
- b)
La barre est-elle globalement chargée ? Justifie.
Non : la barre reste globalement neutre. Elle n'a ni gagné ni perdu d'électrons ; ceux-ci se sont seulement déplacés (polarisation), sa charge totale reste nulle.
Indique si chaque proposition est vraie ou fausse, puis donne le nombre total de propositions correctes.
- a)
L'électron porte une charge .
Vrai. Par convention, l'électron porte la charge .
- b)
Le proton porte une charge .
Vrai. Le proton porte la charge .
- c)
Un corps neutre contient autant d'électrons que de protons.
Vrai. Neutre signifie exactement .
- d)
On peut isoler une charge égale à la moitié de la charge élémentaire .
Faux. est la plus petite charge isolable ; aucune charge inférieure à (comme ) ne peut être isolée.
Bilan : 3 propositions correctes (a, b, c).
On frotte une tige d'ébonite avec un morceau de laine. Après frottement, la tige porte la charge .
- a)
Combien d'électrons ont été transférés lors du frottement, et dans quel sens (laine tige ou tige laine) ?
La tige est devenue négative : elle a gagné des électrons. Le transfert va donc de la laine vers la tige. Nombre transféré :
- b)
En déduire la charge portée par la laine, en justifiant par la conservation de la charge.
Conservation de la charge : la laine a perdu exactement ces électrons, elle porte donc la charge opposée
(La somme des charges reste nulle : .)
Trois sphères métalliques identiques sont montées sur des manches isolants. La sphère porte ; les sphères et sont neutres.
- a)
On met en contact avec , puis on les sépare. Quelle charge porte chacune ?
Deux sphères identiques en contact se partagent également la charge totale.
et : charge totale répartie en deux parts égales.
- b)
On met ensuite (avec sa nouvelle charge) en contact avec . Quelle charge porte finalement ?
() touche (neutre) : total partagé,
On approche un bâton chargé négativement d'une sphère conductrice neutre, sans la toucher. On relie alors un instant la sphère à la terre par un fil, on retire d'abord le fil, puis on éloigne le bâton.
- a)
Quel est le signe final de la charge de la sphère ? Explique le mécanisme.
Le bâton négatif repousse les électrons libres de la sphère vers le côté éloigné. En reliant à la terre, ces électrons excédentaires s'écoulent vers le sol. On coupe la terre avant de retirer le bâton : la sphère se retrouve alors avec un déficit d'électrons. Signe final : positif (opposé au bâton).
- b)
Quel serait le signe final si le bâton avait été chargé positivement ?
Avec un bâton positif, il attirerait des électrons de la terre vers la sphère : signe final négatif. Règle : l'électrisation par influence avec mise à la terre donne une charge de signe opposé à celui de l'inducteur.
Une bille métallique perd des électrons jusqu'à porter la charge . On donne et .
- a)
Combien d'électrons la bille a-t-elle perdus ?
: la bille a perdu des électrons.
- b)
De combien sa masse a-t-elle varié (en valeur et en signe) ?
Chaque électron parti emporte sa masse ; la masse diminue de
Variation infime : la charge modifie la masse de façon totalement négligeable.
Un grain de poussière, initialement neutre, contient protons. Il capte ensuite électrons.
- a)
Combien d'électrons contenait-il avant de capter les électrons ?
Neutre autant d'électrons que de protons : électrons.
- b)
Quelle est sa charge finale (valeur et signe) ?
Il capte électrons : il devient négatif, avec un excès de électrons.
Deux sphères métalliques identiques portent respectivement et . On les met en contact, puis on les sépare. On donne .
- a)
Quelle charge porte chaque sphère après séparation ?
Deux sphères identiques en contact se partagent également la charge totale.
Charge totale : , partagée en deux :
- b)
Combien d'électrons ont transité d'une sphère à l'autre, et dans quel sens ?
La sphère passe de à : elle perd d'électrons. Ces électrons vont vers (qui passe de à ). Nombre transféré :
de la sphère initialement négative () vers l'initialement positive ().
Un petit conducteur isolé porte la charge . On donne .
- a)
Combien d'électrons doit-il capter pour devenir exactement neutre ?
Chaque électron capté apporte une charge .
Pour annuler il faut apporter de charge négative :
- b)
Combien d'électrons doit-il capter, au total, pour porter finalement ?
Pour passer de à , la variation vaut :
Une petite boule métallique neutre pend au bout d'un fil isolant. On approche lentement une tige chargée négativement, on la met un bref instant en contact avec la boule, puis on la retire.
- a)
Avant tout contact, la boule neutre est-elle attirée ou repoussée par la tige ? Explique par l'influence.
Attirée. Par influence, la tige négative repousse les électrons de la boule vers le côté éloigné : le côté proche devient positif. Ce côté positif, plus proche de la tige négative, est attiré plus fortement que le côté négatif (éloigné) n'est repoussé : la boule neutre est globalement attirée.
- b)
Après le contact, la boule est-elle attirée ou repoussée ? Quel est alors le signe de sa charge ?
Repoussée. Au contact, la boule reçoit des électrons de la tige : elle se charge négativement, donc du même signe que la tige, et les deux se repoussent.
Deux sphères métalliques identiques et sont initialement neutres. Par frottement, électrons passent de vers . On donne .
- a)
Quel est le signe et la valeur de la charge finale de ? de ?
perd électrons : elle devient positive,
gagne ces électrons : .
- b)
Vérifie que la charge totale du système est conservée.
: la charge totale (nulle au départ) est conservée, on n'a fait que déplacer des électrons.
On électrise une petite sphère métallique en lui arrachant des électrons, jusqu'à ce qu'elle porte . La sphère contient environ atomes. On donne .
- a)
Combien d'électrons ont été arrachés ?
- b)
En supposant que chaque atome touché perd au plus un électron, quelle fraction des atomes a été ionisée ? Commente l'ordre de grandeur.
Fraction ionisée :
Une part infime des atomes (moins d'un sur mille milliards) suffit : une charge « visible » en électrostatique correspond à un déséquilibre électronique minuscule.
Un électroscope isolé a ses deux feuilles écartées.
- a)
Cet écartement prouve-t-il à coup sûr que l'électroscope porte une charge ? Sinon, quelle autre cause peut écarter les feuilles ? Comment lever le doute ?
Non : un corps chargé voisin peut écarter les feuilles par simple influence, sans que l'électroscope soit chargé. Pour lever le doute, on éloigne tout corps chargé des environs : si les feuilles restent écartées, l'électroscope porte réellement une charge ; si elles retombent, il n'était que sous influence.
- b)
L'électroscope étant réellement chargé, décris une manipulation avec une baguette de signe connu qui permet de déterminer le signe de sa charge.
On approche la baguette de signe connu (par ex. ) de la boule : si les feuilles s'écartent davantage, la charge de l'électroscope est de même signe que la baguette () ; si elles se referment, elle est de signe opposé ().
Un objet de masse capte des électrons jusqu'à porter . On donne et .
- a)
Combien d'électrons l'objet a-t-il captés ?
- b)
De combien sa masse a-t-elle varié ? Compare cette variation à .
La masse augmente de
Rapporté à , cela fait : totalement négligeable.
On classe trois matériaux selon leur tendance à céder des électrons par frottement :
Quand on frotte deux d'entre eux, celui qui est à gauche dans ce classement cède ses électrons à l'autre.
- a)
On frotte le verre contre la laine : quel est le signe de chacun ?
Celui qui est le plus à gauche du classement cède ses électrons (devient positif) ; l'autre les reçoit (devient négatif).
Verre contre laine : le verre (à gauche) cède verre positif, et la laine négative.
- b)
On frotte la laine contre l'ambre : quel est le signe de chacun ?
Laine contre ambre : la laine (à gauche de l'ambre) cède laine positive, et l'ambre négatif.
Une sphère conductrice , neutre et isolée, est approchée d'une tige chargée positivement (sans contact). On relie brièvement à la terre par un fil, on retire le fil, puis on éloigne la tige. porte alors une charge .
- a)
Quel est le signe de la charge finalement portée par ? Explique.
La tige positive attire les électrons ; en reliant à la terre, des électrons montent du sol vers (attirés par la tige). On coupe la terre avant d'ôter la tige : garde ces électrons excédentaires. Signe final : négatif (opposé à l'inducteur).
- b)
On met ensuite en contact avec une sphère identique initialement neutre. Quelle charge (en fonction de ) porte chacune après séparation ?
(charge ) et (neutre) identiques se partagent la charge : chacune porte après séparation.
Un corps initialement neutre contient protons. Il perd d'abord électrons, puis gagne électrons. On donne .
- a)
Combien d'électrons contient-il après chacune des deux étapes ?
Au départ, neutre électrons.
Après avoir perdu électrons : . Après avoir gagné électrons : .
- b)
Quelle est sa charge finale (valeur et signe) ?
Il y a un excès de électrons : le corps est négatif,
Pour chaque proposition, indique si elle est vraie ou fausse, puis donne le nombre total de propositions correctes.
- a)
En frottant deux corps l'un contre l'autre, on peut créer une charge électrique nouvelle.
Faux. On ne crée jamais de charge : on transfère des électrons (conservation).
- b)
La charge d'un corps est toujours un multiple entier de la charge élémentaire .
Vrai. avec : la charge est quantifiée.
- c)
Un excellent conducteur comme l'argent s'électrise durablement par frottement.
Faux. Un métal nu ne se charge pas durablement par frottement (charges libres aussitôt redistribuées / écoulées).
- d)
Un corps électrisé peut attirer un petit corps neutre et léger.
Vrai. Un corps chargé polarise un neutre léger par influence, puis l'attire.
- e)
Une particule neutre peut posséder plus de neutrons que d'électrons.
Vrai. Le nombre de neutrons est indépendant de la charge ; un corps neutre a seulement , sans contrainte sur les neutrons.
- f)
Si l'on arrache des électrons à un isolant, les électrons des atomes voisins se déplacent pour combler le manque.
Faux. Dans un isolant les charges sont liées : elles ne migrent pas pour combler un défaut (c'est justement ce qui distingue un isolant d'un conducteur).
Bilan : 3 propositions correctes (b, d, e).
Un électroscope est chargé positivement : ses deux feuilles sont écartées. Sans toucher la boule, on en approche une baguette de verre elle aussi chargée positivement.
- a)
Comment évolue la charge de la boule et l'écartement des feuilles ? Justifie par le déplacement des électrons.
La baguette positive attire les électrons libres vers la boule. La boule, enrichie en électrons, devient moins positive : sa charge diminue. Les électrons ayant quitté la région des feuilles, celles-ci deviennent plus positives : elles se repoussent davantage et l'écartement augmente.
- b)
Mêmes questions si l'on approche plutôt une baguette chargée négativement.
Une baguette négative repousse les électrons vers le bas, vers les feuilles. La boule devient plus positive (sa charge augmente), tandis que les feuilles, partiellement neutralisées par ces électrons, deviennent moins positives : l'écartement diminue.
Deux barres métalliques neutres et sont posées bout à bout, en contact. On approche (sans les toucher) un isolant chargé positivement de l'extrémité libre de . Après quelques instants — le bâton restant en place — on sépare les deux barres, puis on éloigne le bâton.
- a)
Quel est le signe de la charge finale de (barre proche) et de (barre éloignée) ?
L'isolant positif attire les électrons libres vers l'extrémité proche : ils s'accumulent dans . La barre (proche) devient donc négative, et (éloignée), appauvrie en électrons, devient positive. En séparant les barres avant d'ôter le bâton, ces charges restent piégées : , .
- b)
Que vaut la somme ? Quel principe l'impose ?
: aucun électron n'a été apporté ni retiré à l'ensemble (pas de contact avec l'isolant), c'est le principe de conservation de la charge. Les électrons ont seulement migré de vers .
Deux petites boules identiques (même masse) pendent de deux fils accrochés au même point. On les électrise positivement, la boule recevant une charge 4 fois plus grande que la boule . Elles se repoussent et s'écartent de la verticale d'angles et .
- a)
Compare les intensités des forces (subie par ) et (subie par ).
Les deux forces sont les deux faces d'une même interaction de Coulomb :
Elles ont donc la même intensité (principe de l'action et de la réaction) : la charge fois plus grande de n'y change rien, car c'est le produit qui compte.
- b)
En déduire la comparaison des angles et . La boule la plus chargée s'écarte-t-elle davantage ?
Les deux boules ont même masse et subissent une force de même intensité : elles s'écartent du même angle, . Non, la boule la plus chargée ne s'écarte pas davantage — c'est le piège classique de cette situation.
Une sphère métallique porte une charge initiale . On l'effleure successivement avec des sphères métalliques identiques, neutres et fraîches (une nouvelle sphère à chaque contact), que l'on retire après chaque contact.
- a)
Quelle charge porte après le premier, le deuxième, puis le troisième contact ?
À chaque contact, partage sa charge à parts égales avec une sphère identique neutre : elle en garde la moitié.
Après 1 contact : ; après 2 : ; après 3 : .
- b)
Donne l'expression de la charge de après contacts.
- c)
Après combien de contacts la charge de devient-elle strictement inférieure à ?
On cherche , soit , donc . À , (pas encore strictement inférieur) ; il faut contacts ().
On approche un corps chargé (charge , de signe quelconque) d'un petit objet conducteur neutre. On rappelle que l'intensité de la force entre deux charges varie en avec leur distance .
- a)
Décris les charges qui apparaissent par influence sur le côté proche et sur le côté éloigné de l'objet neutre (en fonction du signe de ).
Par influence, le côté proche de l'objet neutre porte une charge de signe opposé à (charges attirées), et le côté éloigné une charge de même signe que (charges repoussées). L'objet reste globalement neutre.
- b)
Des deux charges induites, laquelle est la plus proche de ? En déduire, à l'aide du , quelle interaction (attractive ou répulsive) l'emporte.
La charge de signe opposé (attirée) est sur le côté proche, à petite distance ; la charge de même signe (repoussée) est plus loin. Comme la force varie en , l'attraction (petite ) l'emporte sur la répulsion (grande ).
- c)
Conclus : l'objet neutre est-il attiré ou repoussé ? Le résultat dépend-il du signe de ? Relie ta réponse à l'attraction de petits bouts de papier par une règle frottée.
L'objet neutre est donc attiré, et ce quel que soit le signe de : inverser le signe de inverse les deux charges induites, mais la charge attirée reste toujours la plus proche. C'est pourquoi une règle frottée (peu importe son signe) attire les petits bouts de papier neutres.
On veut donner à une sphère conductrice isolée, initialement neutre, une charge permanente, sans jamais la toucher avec la tige inductrice (un isolant chargé positivement, qui doit conserver sa charge).
- a)
Décris, dans l'ordre, les quatre étapes de l'opération (approche de la tige, mise à la terre, retrait de la terre, retrait de la tige).
(1) On approche la tige : par influence, le côté proche de la sphère devient négatif, le côté éloigné positif. (2) On relie la sphère à la terre : les charges positives (côté éloigné) sont neutralisées par des électrons venus du sol. (3) On coupe la terre. (4) On éloigne la tige.
- b)
Quel est le signe final de la charge de la sphère ?
La sphère conserve les électrons excédentaires reçus du sol : elle est finalement négative (signe opposé à la tige inductrice).
- c)
Que se passe-t-il si l'on retire la tige avant de couper la liaison à la terre ? Pourquoi l'ordre des étapes est-il crucial ?
Si l'on retire la tige avant de couper la terre, les électrons excédentaires — plus retenus par l'influence de la tige — repartent vers le sol : la sphère redevient neutre. L'ordre est donc crucial : il faut isoler la sphère (couper la terre) tant que la tige maintient encore les charges séparées.
Deux sphères conductrices identiques sont mises en contact puis séparées. Dans chaque cas ci-dessous, retrouve la charge initiale inconnue.
- a)
Après contact, chacune porte . La sphère était initialement neutre. Quelle était la charge initiale de ?
La charge totale se conserve ; après contact les deux sphères identiques portent la même charge, donc le total vaut deux fois la charge finale commune.
Total final . Or , d'où .
- b)
Après contact, chacune porte . La sphère portait initialement . Quelle était la charge initiale de ?
Total final . Or , d'où .
Trois sphères conductrices identiques portent au départ , et . On réalise deux contacts successifs, en séparant les sphères entre chaque contact.
- a)
Ordre 1 : touche , puis (cette même) touche . Quelle est la charge finale de ?
Deux sphères identiques en contact repartent chacune avec la moyenne de leurs charges.
Ordre 1 : – donne à . Puis – donne . Charge finale de : .
- b)
Ordre 2 : touche , puis (cette même) touche . Quelle est la charge finale de ?
Ordre 2 : – donne à . Puis – donne . Charge finale de : .
- c)
Conclus sur l'importance de l'ordre des opérations.
Les résultats diffèrent ( contre ) : l'ordre des contacts change la répartition finale, même si la charge totale, elle, se conserve.
Deux petites boules pendent de deux fils accrochés au même point . On leur donne la même charge , mais la boule est deux fois plus lourde que la boule (). Elles se repoussent et s'écartent de la verticale d'angles et . À l'équilibre, on admet que , où est l'intensité de la force électrique subie par la boule.
- a)
Compare les intensités des forces et .
Les deux forces sont les deux faces d'une même interaction : . Elles ont la même intensité (action et réaction).
- b)
En déduire la comparaison des angles et : quelle boule s'écarte le plus ?
À l'équilibre . La force est la même pour les deux boules, mais : donc . Ainsi : c'est la boule la plus légère () qui s'écarte le plus.
- c)
Compare cette situation au cas de deux boules de même masse mais de charges différentes : qu'est-ce qui fixe réellement l'angle ?
Pour deux boules de même masse et de charges différentes, les forces restent égales (elles dépendent du produit des charges), donc les angles sont égaux. L'angle n'est pas fixé par la charge d'une boule prise seule, mais par le rapport : c'est la masse qui départage ici.
En mesurant la charge de gouttelettes d'huile, on relève (en valeur absolue) :
On admet que toute charge est un multiple entier d'une charge élémentaire .
- a)
À partir de , et (leur « plus grand diviseur commun »), déduis la valeur de .
Les valeurs , , sont toutes multiples de , qui est leur plus grand diviseur commun :
- b)
Combien de charges élémentaires en excès (ou en défaut) porte chacune de ces trois gouttes ?
(2 charges), (3 charges), (5 charges).
- c)
La valeur est-elle compatible avec la quantification de la charge ? Justifie.
: ce n'est pas un entier. La valeur est donc incompatible avec la quantification (erreur de mesure), car une charge ne peut valoir .
On dispose d'un électroscope préalablement chargé négativement : ses feuilles sont écartées. On approche de sa boule (sans la toucher) une tige de signe inconnu.
- a)
Si les feuilles s'écartent davantage, quel est le signe de la tige ? Explique par le mouvement des électrons.
L'électroscope porte un excès d'électrons ; ses feuilles, négatives, sont écartées.
Tige négative. Une tige négative repousse encore des électrons vers les feuilles : celles-ci deviennent plus négatives, se repoussent davantage, l'écartement augmente (même signe que l'électroscope).
- b)
Si les feuilles se referment partiellement, quel est le signe de la tige ?
Tige positive. Une tige positive attire les électrons vers la boule : les feuilles se vident partiellement, deviennent moins négatives et se referment (signe opposé).
- c)
Pourquoi un électroscope neutre ne permettrait-il pas, par simple approche, de déterminer le signe d'une charge inconnue ?
Avec un électroscope neutre, toute tige approchée — positive ou négative — provoque par influence une séparation des charges qui écarte les feuilles. Les deux signes donnent le même effet (écartement) : on détecte la présence d'une charge mais pas son signe. Il faut un électroscope préchargé de signe connu pour trancher.
Trois corps isolants , , , tous neutres au départ. On frotte d'abord contre : cède électrons à . On frotte ensuite contre : cède électrons à . On donne .
- a)
Détermine la charge finale de , de et de (valeur et signe).
On compte les électrons perdus/gagnés par chaque corps ().
perd électrons : . gagne (de ) puis en perd (vers ), soit un déficit net de électrons : . gagne électrons : .
- b)
Vérifie que la somme est nulle. Quel principe l'impose ?
: c'est le principe de conservation de la charge (l'ensemble, neutre au départ, le reste).
- c)
Lequel des trois corps est finalement le plus positif ?
Le plus positif est , avec .
Une pièce métallique, initialement neutre, contient environ électrons. On lui retire une fraction de ses électrons. On donne .
- a)
Combien d'électrons a-t-on retirés ?
Nombre d'électrons retirés :
- b)
Quelle charge la pièce porte-t-elle alors (valeur et signe) ?
La pièce, en déficit d'électrons, est positive :
- c)
Sachant qu'obtenir exigerait de retirer une fraction bien plus grande d'électrons, explique pourquoi on ne rencontre presque jamais de charges de l'ordre du coulomb en électrostatique.
Retirer une fraction déjà minuscule () donne quelques microcoulombs. Atteindre demanderait électrons en moins : le champ et les forces de répulsion deviennent alors si intenses que les charges s'échappent (étincelles, claquage de l'air). On ne peut donc pratiquement pas maintenir des charges de l'ordre du coulomb en électrostatique.