PhysiqueFiche 5 · Travail, énergie et puissance
Physique · Fiche 5

Travail, énergie et puissance

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Ce que tu sauras faire

  • définir et calculer le travail d'une force (W=FABW=\vec{F}\cdot\vec{AB}), interpréter son signe (moteur, résistant, nul) ;
  • définir la puissance (P=W/Δt=FvP=W/\Delta t=\vec{F}\cdot\vec{v}) et la relier à la rapidité d'un système ;
  • établir et appliquer le théorème de l'énergie cinétique (W=ΔEcW=\Delta E_c, Ec=12mv2E_c=\tfrac12 mv^2) ;
  • exprimer l'énergie potentielle de pesanteur (Ep=mghE_p=mgh) et l'énergie potentielle élastique (Ep=12kx2E_p=\tfrac12 kx^2) ;
  • utiliser la conservation de l'énergie mécanique (Em=Ec+Ep=E_m=E_c+E_p= Cte) ;
  • définir la quantité de mouvement (p=mv\vec{p}=m\vec{v}).

1Introduction : énergie, travail et puissance

En mécanique, on peut décrire un mouvement de deux manières complémentaires. La première, vue dans les fiches précédentes, utilise les forces et l'accélération (lois de Newton). La seconde, objet de cette fiche, utilise une grandeur scalaire centrale : l'énergie.

Définition1.1énergie

L'énergie d'un système est sa capacité à produire un travail, c'est-à-dire à exercer des forces qui déplacent des objets. C'est une grandeur scalaire (un nombre, pas un vecteur), qui se mesure en joules (J\mathrm{J}) et qui peut se transformer d'une forme à une autre (cinétique \leftrightarrow potentielle) ou se transférer d'un corps à un autre, mais qui ne se crée ni ne se détruit.

L'avantage de cette approche est considérable : l'énergie étant un scalaire, on additionne des nombres plutôt que des vecteurs, et lorsqu'elle se conserve, on peut relier directement l'état initial à l'état final sans connaître le détail du mouvement intermédiaire. Trois grandeurs servent de fil conducteur à toute la fiche :

  • le travail WW : l'énergie transférée à un corps par une force qui le déplace ;
  • la puissance PP : la rapidité avec laquelle ce travail est fourni ;
  • l'énergie (cinétique, potentielle, mécanique) : l'énergie stockée par le corps du fait de son mouvement ou de sa position.
Remarquele joule, unité commune

Travail, énergie cinétique, énergie potentielle, énergie mécanique : toutes ces grandeurs s'expriment dans la même unité, le joule (J\mathrm{J}). Ce n'est pas un hasard : ce sont toutes des quantités d'énergie. Par définition, 1 J=1 N×1 m=kilogramm2/s21\,\mathrm{J}=1\,\mathrm{N}\times1\,\mathrm{m} =\mathrm{kilogram}\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s}^{2} : c'est le travail fourni par une force de 1 N1\,\mathrm{N} dont le point d'application se déplace de 1 m1\,\mathrm{m} dans la direction de la force.

2Le travail d'une force

Définition et expression générale

Une force qui s'exerce sur un corps ne « travaille » que si son point d'application se déplace. Le travail mesure précisément l'effet de transfert d'énergie associé à ce déplacement.

Définition2.1travail d'une force constante

Le travail fourni à un solide pour le déplacer de la position AA vers la position BB, sous l'action d'une force F\vec{F} constante en intensité, direction et sens le long d'une trajectoire rectiligne, est égal au produit scalaire de F\vec{F} par le vecteur déplacement AB\vec{AB}.

Formule2.1travail d'une force constante
  WAB(F)=FAB=F×AB×cosα  \boxed{\;W_{AB}(\vec{F})=\vec{F}\cdot\vec{AB}=F\times AB\times\cos\alpha\;}
où :
  • WAB(F)W_{AB}(\vec{F}) : travail de la force F\vec{F} entre AA et BB, en joules (J\mathrm{J}) ;
  • F=FF=\lVert\vec{F}\rVert : intensité (norme) de la force, en newtons (N\mathrm{N}) ;
  • AB=ABAB=\lVert\vec{AB}\rVert : distance parcourue (longueur du déplacement), en mètres (m\mathrm{m}) ;
  • α\alpha : angle entre la force F\vec{F} et le déplacement AB\vec{AB}, sans unité (en degrés ou radians) ;
  • cosα\cos\alpha : nombre compris entre 1-1 et +1+1, sans unité.

La figure 1 illustre la situation : seule la partie de la force qui « pousse dans le sens du déplacement » contribue au travail.

Figure 1 — Travail d'une force constante F\vec{F} inclinée d'un angle α\alpha sur le déplacement AB\vec{AB}. Seule la composante Fx=FcosαF_x=F\cos\alpha (parallèle au déplacement) travaille.

La forme avec la composante

Si l'on projette la force sur l'axe du déplacement (axe OxOx), sa composante vaut Fx=FcosαF_x=F\cos\alpha. Le travail s'écrit alors plus simplement :

Formule2.2travail et composante de la force
  WAB(F)=Fx×ABaveccosα=FxF  \boxed{\;W_{AB}(\vec{F})=F_x\times AB\quad\text{avec}\quad \cos\alpha=\dfrac{F_x}{F}\;}
où :
  • Fx=FcosαF_x=F\cos\alpha : composante de la force sur l'axe du déplacement, en newtons (N\mathrm{N}) ;
  • ABAB : longueur du déplacement, en mètres (m\mathrm{m}) ;
  • WAB(F)W_{AB}(\vec{F}) : travail, en joules (J\mathrm{J}).

Cette écriture montre clairement que seule la composante de la force parallèle au déplacement travaille : la composante perpendiculaire, elle, ne transfère aucune énergie.

Le signe du travail : moteur, résistant ou nul

Le facteur cosα\cos\alpha peut être positif, négatif ou nul : il fixe à lui seul le signe du travail, et donc son sens physique (la force aide-t-elle ou s'oppose-t-elle au mouvement ?).

Figure 2 — Les trois régimes du travail selon l'angle α\alpha. À gauche, la force accompagne le mouvement (moteur) ; au centre, elle lui est perpendiculaire (travail nul) ; à droite, elle s'y oppose, comme un frottement (résistant).
  • Travail moteur (W>0W>0) : la force a une composante dans le sens du déplacement ; elle donne de l'énergie au corps et tend à l'accélérer. Le travail est maximal quand α=0\alpha=0^{\circ} (cosα=1\cos\alpha=1), soit W=F×ABW=F\times AB.
  • Travail nul (W=0W=0) : la force est perpendiculaire au déplacement (α=90\alpha=90^{\circ}). Elle ne transfère aucune énergie.
  • Travail résistant (W<0W<0) : la force a une composante opposée au déplacement ; elle retire de l'énergie au corps et tend à le freiner. Il est minimal quand α=180\alpha=180^{\circ} (cosα=1\cos\alpha=-1), soit W=F×ABW=-F\times AB.

Deux cas particuliers fondamentaux

Propriété2.1force perpendiculaire au déplacement

Si une force est perpendiculaire au vecteur déplacement, son travail est nul.

α=90  cosα=0  WAB(F)=0 J\alpha=90^{\circ}\ \Rightarrow\ \cos\alpha=0\ \Rightarrow\ W_{AB}(\vec{F})=0\ \mathrm{J}

C'est typiquement le cas de la réaction normale N\vec{N} d'un support : elle est toujours \perp au déplacement, donc WAB(N)=0 JW_{AB}(\vec{N})=0\,\mathrm{J}. C'est aussi le cas du poids lors d'un déplacement horizontal, et de la force centripète d'un mouvement circulaire.

Propriété2.2travail des forces de frottement

Le travail des forces de frottement est souvent négatif. En effet, la force de frottement Ff\vec{F}_f est tangente à la trajectoire et de sens opposé au déplacement (α=180\alpha=180^{\circ}) :

WAB(Ff)=Ff×AB×cos180=Ff×AB<0.W_{AB}(\vec{F}_f)=F_f\times AB\times\cos180^{\circ}=-\,F_f\times AB <0 .

Le frottement dissipe de l'énergie mécanique (en chaleur) : c'est une force résistante.

Interprétation par l'intégrale : l'aire sous la courbe

La définition W=Fcosα×ABW=F\cos\alpha\times AB suppose une force constante. Quand la force varie le long du trajet, on découpe le déplacement en petits morceaux dx\mathrm{d} x sur chacun desquels la force est quasi constante, puis on somme (on intègre) :

Formule2.3travail d'une force variable
  WAB=xAxBFdx  \boxed{\;W_{AB}=\int_{x_A}^{x_B} F\,\mathrm{d} x\;}
où :
  • xAxBF dx\int_{x_A}^{x_B} F\,\mathrm{d} x : aire algébrique sous la courbe F(x)F(x) entre xAx_A et xBx_B ;
  • FF : composante de la force selon le déplacement, en newtons (N\mathrm{N}) ;
  • dx\mathrm{d} x : élément de déplacement, en mètres (m\mathrm{m}) ;
  • WABW_{AB} : travail, en joules (J\mathrm{J}).

Le travail est donc l'aire comprise entre la courbe F(x)F(x) et l'axe des positions.

Figure 3 — Le travail comme aire sous la courbe. À gauche, la force exercée varie (croît) le long du trajet ABA\to B : l'aire est un trapèze. À droite, la force de gravitation G\vec{G} est supposée constante : l'aire est un rectangle, W=G×(hBhA)W=G\times(h_B-h_A).

Exemples détaillés

Exemplele travail du poids d'un wagon sur des rails horizontaux

Un wagon de masse m=100 kilogramm=100\,\mathrm{kilogram} parcourt une distance d=10 md=10\,\mathrm{m} sur des rails horizontaux. Quel est le travail de son poids G\vec{G} ?

Analyse. Le poids G\vec{G} est vertical (dirigé vers le bas), tandis que le déplacement d\vec{d} est horizontal. Les deux vecteurs sont donc perpendiculaires : α=90\alpha=90^{\circ}.

Calcul.

W(G)=Gd=G×d×cos90=G×d×0=0J.W(\vec{G})=\vec{G}\cdot\vec{d}=G\times d\times\cos90^{\circ}=G\times d\times 0=0\,\mathrm{J}.

Conclusion. W(G)=0 J0\,\mathrm{J} : le poids ne travaille pas sur un trajet horizontal. Remarquez que la masse (100 kilogram100\,\mathrm{kilogram}) et la distance (10 m10\,\mathrm{m}) ne servent à rien ici : tant que le déplacement reste horizontal, le résultat est nul quelles que soient ces valeurs. C'est une erreur fréquente de vouloir calculer G×d=1000 N×10 m=10000 JG\times d=1000\,\mathrm{N}\times10\,\mathrm{m}=10000\,\mathrm{J} en oubliant le facteur cos90=0\cos90^{\circ}=0.

Exemplele travail de la force de frottement

Le même wagon (m=100 kilogramm=100\,\mathrm{kilogram}) se déplace de d=10 md=10\,\mathrm{m} sur les rails horizontaux, mais cette fois on s'intéresse à la force de frottement Ff\vec{F}_f qui s'oppose au glissement. Quel est le signe de son travail ?

Analyse. La force de frottement est tangente à la trajectoire et toujours opposée au sens du déplacement. L'angle entre Ff\vec{F}_f et d\vec{d} vaut donc α=180\alpha=180^{\circ}.

Calcul.

W(Ff)=Ff×d×cos180=Ff×10m×(1)=10Ff  (J).W(\vec{F}_f)=F_f\times d\times\cos180^{\circ}=F_f\times 10\,\mathrm{m}\times(-1)=-\,10\,F_f \;(\mathrm{J}).

Conclusion. Le travail du frottement est négatif (W<0W<0), proportionnel à l'intensité FfF_f et à la distance parcourue. Le frottement retire de l'énergie au wagon : il le freine. C'est pourquoi un objet lancé sur une surface réelle finit toujours par s'arrêter.

Exemplele travail de la force centripète en mouvement circulaire

Un solide de masse m=10 kilogramm=10\,\mathrm{kilogram} décrit un mouvement circulaire uniforme (MCU) de centre OO et de rayon r=2 mr=2\,\mathrm{m}, à la vitesse tangentielle v=10 m/sv=10\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. Que vaut le travail de la force centripète Fc\vec{F}_c ?

Première idée (fausse piste). On pourrait calculer l'intensité de la force centripète : Fc=mv2r=10×1022=500 N.F_c=\dfrac{m v^2}{r}=\dfrac{10\times 10^2}{2}=500\,\mathrm{N}. C'est une force importante ! On est tenté de répondre « 500 J500\,\mathrm{J} » ou « 250 J250\,\mathrm{J} »… mais c'est une erreur.

Le bon raisonnement. Dans un MCU, la force centripète pointe en permanence vers le centre OO, donc le long du rayon. Or, à chaque instant, le déplacement est tangent au cercle, donc perpendiculaire au rayon. Ainsi FcAB\vec{F}_c\perp\vec{AB} à tout instant : α=90\alpha=90^{\circ} et cos90=0\cos90^{\circ}=0.

W(Fc)=FcAB=Fc×AB×cos90=0J.W(\vec{F}_c)=\vec{F}_c\cdot\vec{AB}=F_c\times AB\times\cos90^{\circ}=0\,\mathrm{J}.

Conclusion. W(F_c)=0 J0\,\mathrm{J}. Bien que la force centripète soit grande (500 N500\,\mathrm{N}), elle ne travaille jamais : elle infléchit la trajectoire sans modifier la vitesse (la norme de v\vec{v} reste constante en MCU). Une force qui ne fait que « tourner » un mouvement ne lui transfère aucune énergie.

3La puissance

Définition

Deux moteurs peuvent fournir le même travail, mais l'un peut le faire beaucoup plus vite que l'autre. C'est cette idée de rapidité qu'exprime la puissance.

Définition3.1puissance moyenne

La puissance fournie par une force F\vec{F} est le travail qu'elle fournit par unité de temps. Elle mesure la capacité d'un système à fournir un travail pendant un temps donné.

Formule3.1puissance moyenne
  P=WAB(F)Δt  \boxed{\;P=\dfrac{W_{AB}(\vec{F})}{\Delta t}\;}
où :
  • PP : puissance, en watts (W\mathrm{W}), avec 1 W=1 J/s1\,\mathrm{W}=1\,\mathrm{J}/\mathrm{s} ;
  • WAB(F)W_{AB}(\vec{F}) : travail fourni par la force, en joules (J\mathrm{J}) ;
  • Δt\Delta t : durée du déplacement, en secondes (s\mathrm{s}).
Remarquelire la formule

Pour un même travail WW, plus la durée Δt\Delta t est courte, plus la puissance PP est grande (les deux sont inversement proportionnelles). À travail égal, le système le plus puissant est le plus rapide.

Puissance et vitesse

En reliant le travail W=F×dW=F\times d (cas α=0\alpha=0^{\circ}) à la vitesse v=d/Δtv=d/\Delta t, on obtient une seconde expression très utile de la puissance :

Formule3.2puissance et vitesse
  P=Fv=F×v×cosα  \boxed{\;P=\vec{F}\cdot\vec{v}=F\times v\times\cos\alpha\;}
où :
  • PP : puissance, en watts (W\mathrm{W}) ;
  • FF : intensité de la force, en newtons (N\mathrm{N}) ;
  • vv : vitesse du point d'application, en mètres par seconde (m/s\mathrm{m}/\mathrm{s}) ;
  • α\alpha : angle entre F\vec{F} et v\vec{v}.

Cette forme est commode quand la vitesse est connue (véhicule à vitesse constante, par exemple).

Remarqueinterprétation intégrale

De même que le travail est l'intégrale de la force par rapport à la position, le travail est aussi l'intégrale de la puissance par rapport au temps : tAtBP dt=WAB.\displaystyle\int_{t_A}^{t_B} P\,\mathrm{d} t=W_{AB}. Le travail est l'aire sous la courbe P(t)P(t).

Exemples détaillés

Exemplemonter un escalier vite ou lentement

Une personne monte tous les escaliers d'un bâtiment en fournissant la même quantité de travail WW, mais selon deux scénarios de durée différente. Comparons la puissance développée.

Cas 1 — rapide : la montée dure Δt1=30 s\Delta t_1=30\,\mathrm{s}.

P1=WΔt1=W30.P_1=\frac{W}{\Delta t_1}=\frac{W}{30}.

Cas 2 — lent : la même montée dure Δt2=3 min=180 s\Delta t_2=3\,\mathrm{min}=180\,\mathrm{s}.

P2=WΔt2=W180=16×W30=P16.P_2=\frac{W}{\Delta t_2}=\frac{W}{180}=\frac{1}{6}\times\frac{W}{30}=\frac{P_1}{6}.

Conclusion. P_1=6× P_2. Pour le même travail WW, la puissance du cas rapide est 6 fois plus grande. C'est exactement la sensation physiologique : on est bien plus essoufflé en montant l'escalier en 30 s30\,\mathrm{s} qu'en 3 min3\,\mathrm{min}, car notre corps doit délivrer la même énergie six fois plus vite. Le travail (l'énergie dépensée) est identique ; c'est la puissance qui change.

Exemplepuissance d'un moteur pour vaincre les frottements

Un véhicule de masse m=6 tm=6\,\mathrm{t} roule en mouvement rectiligne uniforme (MRU, vitesse constante) à v=72 km/hv=72\,\mathrm{km}/\mathrm{h}. La résultante des forces de frottement est constante, Ff=600 NF_f=600\,\mathrm{N}. Quelle puissance le moteur doit-il développer pour compenser ces frottements ?

Étape 1 — convertir la vitesse en m/s\mathrm{m}/\mathrm{s}.

v=72km/h=723,6=20m/s.v=72\,\mathrm{km}/\mathrm{h}=\frac{72}{3{,}6}=20\,\mathrm{m}/\mathrm{s}.

(Rappel : pour passer des km/h\mathrm{km}/\mathrm{h} aux m/s\mathrm{m}/\mathrm{s}, on divise par 3,63{,}6.)

Étape 2 — comprendre la situation. En MRU à vitesse constante, l'accélération est nulle, donc la force motrice du moteur équilibre exactement les frottements : la force utile a pour intensité F=Ff=600 NF=F_f=600\,\mathrm{N}, et elle est dirigée dans le sens du mouvement (α=0\alpha=0^{\circ}).

Étape 3 — calculer la puissance avec P=F×v×cos0P=F\times v\times\cos0^{\circ} :

P=600×20×1=12000W=12kW.P=600\times 20\times 1=12000\,\mathrm{W}=12\,\mathrm{kW}.

Conclusion. P=12 kW12\,\mathrm{kW}. Le moteur doit fournir 12 kW12\,\mathrm{kW} en permanence rien que pour annuler les frottements et maintenir la vitesse — bien que le véhicule n'accélère pas. La masse de 6 t6\,\mathrm{t} n'intervient pas dans ce calcul, puisqu'on ne fait que maintenir la vitesse (pas d'accélération, pas de montée).

4L'énergie cinétique

Mise en place et démonstration

Considérons un solide de masse mm soumis à une force motrice Fx\vec{F}_x constante. Il part du repos en AA (t0=0 st_0=0\,\mathrm{s}, v0=0 m/sv_0=0\,\mathrm{m}/\mathrm{s}) et atteint la vitesse vv en BB. Le mouvement est rectiligne uniformément accéléré (MRUA), de longueur d=ABd=AB (figure 4).

Figure 4 — Solide accéléré de AA (repos) à BB (vitesse vv) sous l'action d'une force motrice constante : mouvement rectiligne uniformément accéléré.
Méthodedémonstration de l'expression de l'énergie cinétique

On part du travail de la force motrice, WAB=Fx×dW_{AB}=F_x\times d, et on y injecte deux résultats connus du MRUA :

  1. la deuxième loi de Newton : Fx=m×aF_x=m\times a ;
  2. la distance parcourue depuis le repos : d=12 a t2d=\tfrac12\,a\,t^2.

On remplace :

WAB=Fx×d=(ma)×(12at2)=12ma2t2=12m(at)2.W_{AB}=F_x\times d=(m\,a)\times\Bigl(\tfrac12\,a\,t^2\Bigr)=\tfrac12\,m\,a^2\,t^2=\tfrac12\,m\,(a\,t)^2 .

Or, pour un MRUA partant du repos, la vitesse atteinte est v=a tv=a\,t. En remplaçant a ta\,t par vv :

WAB=12mv2.W_{AB}=\tfrac12\,m\,v^2 .

Cette quantité, qui mesure l'énergie acquise par le corps du fait de sa mise en mouvement, est son énergie cinétique.

Formule4.1énergie cinétique
  Ec=12mv2  \boxed{\;E_c=\tfrac12\,m\,v^2\;}
où :
  • EcE_c : énergie cinétique, en joules (J\mathrm{J}) ;
  • mm : masse du corps, en kilogrammes (kilogram\mathrm{kilogram}) ;
  • vv : vitesse (norme) du corps, en mètres par seconde (m/s\mathrm{m}/\mathrm{s}).

L'énergie cinétique est toujours positive (carré de la vitesse) et nulle au repos (v=0v=0).

Le théorème de l'énergie cinétique

Propriété4.1théorème de l'énergie cinétique

Dans un référentiel galiléen (inertiel), la somme algébrique des travaux de toutes les forces appliquées à un corps, entre deux points AA et BB, est égale à la variation de son énergie cinétique entre ces deux points :

  WAB(F)=Ec(B)Ec(A)=12mvB212mvA2  \boxed{\;\textstyle\sum W_{AB}(\vec{F})=E_c(B)-E_c(A)=\tfrac12\,m\,v_B^{\,2}-\tfrac12\,m\,v_A^{\,2}\;}
où :
  • WAB(F)\sum W_{AB}(\vec{F}) : somme des travaux de toutes les forces, en J\mathrm{J} ;
  • Ec(A)=12mvA2E_c(A)=\tfrac12 m v_A^2, Ec(B)=12mvB2E_c(B)=\tfrac12 m v_B^2 : énergies cinétiques en AA et BB, en J\mathrm{J} ;
  • vA, vBv_A,\ v_B : vitesses en AA et BB, en m/s\mathrm{m}/\mathrm{s}.
Remarqueà quoi sert ce théorème ?

C'est l'un des outils les plus puissants de la mécanique : il relie directement les forces (via leur travail) à la variation de vitesse, sans passer par l'accélération ni par le détail de la trajectoire. Si le travail total est positif, le corps accélère (vB>vAv_B>v_A) ; s'il est négatif, il ralentit ; s'il est nul, la vitesse est conservée.

Une dépendance au carré de la vitesse

Attentionl'énergie cinétique varie comme v2v^2

Comme la vitesse intervient au carré, l'énergie cinétique est très sensible à la vitesse. Si la vitesse est multipliée par nn, l'énergie cinétique est multipliée par n2n^2 :

vnvEcn2Ec.v\to n\,v\quad\Longrightarrow\quad E_c\to n^2\,E_c .

Par exemple, si la vitesse est triplée (n=3n=3), l'énergie cinétique devient 9 fois plus grande (n2=9n^2=9). C'est la raison physique pour laquelle la distance de freinage d'un véhicule augmente si vite avec la vitesse : rouler deux fois plus vite, c'est avoir quatre fois plus d'énergie cinétique à dissiper.

Figure 5 — Croissance parabolique de l'énergie cinétique avec la vitesse. En triplant la vitesse (de vv à 3v3v), l'énergie cinétique est multipliée par 99.

Exemples détaillés

Exempleun objet qui glisse le long d'un plan incliné sans frottement

Un objet de masse m=10 kilogramm=10\,\mathrm{kilogram} part du repos en haut (AA) d'un plan incliné lisse (sans frottement) faisant un angle β=30\beta=30^{\circ} avec l'horizontale. Il glisse jusqu'en bas (BB). La longueur du plan est AB=100 mAB=100\,\mathrm{m}. On prend g=10 m/s2g=10\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}. Cherchons (a) le travail du poids, et (b) la vitesse atteinte en BB.

(a) Travail du poids. Le poids vaut G=mg=10×10=100 NG=m g=10\times10=100\,\mathrm{N}. Sa composante le long du plan est Gx=GsinβG_x=G\sin\beta. Le travail du poids sur le déplacement ABAB est :

WAB(G)=Gx×AB=(Gsin30)×AB=100×0,5×100=5000J=5kJ.W_{AB}(\vec{G})=G_x\times AB=(G\sin30^{\circ})\times AB=100\times 0{,}5\times 100=5000\,\mathrm{J}=5\,\mathrm{kJ}.

On peut le retrouver autrement avec la hauteur de descente h=ABsin30=100×0,5=50 mh=AB\sin30^{\circ}=100\times0{,}5=50\,\mathrm{m}, ce qui donne W=mgh=10×10×50=5000 JW=mgh=10\times10\times50=5000\,\mathrm{J} : les deux méthodes concordent.

(b) Vitesse en BB (théorème de l'énergie cinétique). Le plan est lisse et la réaction normale ne travaille pas. La seule force motrice est le poids, donc :

WAB(G)=Ec(B)Ec(A)=12mvB20.W_{AB}(\vec{G})=E_c(B)-E_c(A)=\tfrac12 m v_B^2-0.

On isole vBv_B :

12mvB2=5000J  vB2=2×500010=1000m2/s2  vB=1000=101031,6m/s.\tfrac12 m v_B^2=5000\,\mathrm{J}\ \Rightarrow\ v_B^2=\frac{2\times5000}{10}=1000\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s}^{2} \ \Rightarrow\ v_B=\sqrt{1000}=10\sqrt{10}\approx31{,}6\,\mathrm{m}/\mathrm{s}.

Remarque importante. On peut aussi écrire vB2=2ghv_B^2=2gh : la vitesse finale ne dépend ni de la masse, ni de l'angle, mais seulement de la hauteur de descente hh. Deux objets de masses différentes lâchés de la même hauteur arrivent en bas à la même vitesse (en l'absence de frottement).

Exemplepuissance moyenne développée pendant la descente

Reprenons l'objet précédent (m=10 kilogramm=10\,\mathrm{kilogram}, g=10 m/s2g=10\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}, plan de AB=100 mAB=100\,\mathrm{m} incliné à 3030^{\circ}, vB=1010 m/sv_B=10\sqrt{10}\ \mathrm{m}/\mathrm{s}). Quelle est la puissance moyenne fournie par le poids pendant la descente ?

Étape 1 — durée de la descente. L'accélération le long du plan est a=gsin30=10×0,5=5 m/s2a=g\sin30^{\circ}=10\times0{,}5=5\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}. Partant du repos, vB=a tv_B=a\,t, d'où :

t=vBa=10105=2106,32s.t=\frac{v_B}{a}=\frac{10\sqrt{10}}{5}=2\sqrt{10}\approx6{,}32\,\mathrm{s}.

Étape 2 — puissance moyenne. On connaît déjà WAB(G)=5000 JW_{AB}(\vec{G})=5000\,\mathrm{J}, donc :

P=WAB(G)t=5000210=250010=25010790W.P=\frac{W_{AB}(\vec{G})}{t}=\frac{5000}{2\sqrt{10}}=\frac{2500}{\sqrt{10}}=250\sqrt{10}\approx790\,\mathrm{W}.

Conclusion. P=25010 W\mathrm{W}0,79 kW0{,}79\,\mathrm{kW}. La même énergie (5 kJ5\,\mathrm{kJ}) délivrée en un temps plus court correspondrait à une puissance plus grande : on retrouve le lien étroit entre puissance et rapidité.

5L'énergie potentielle de pesanteur

Définition et expression

Un objet peut aussi stocker de l'énergie grâce à sa position : c'est l'énergie potentielle. Soulever un objet, c'est lui fournir un travail qu'il pourra restituer plus tard en retombant.

Définition5.1énergie potentielle de pesanteur

L'énergie potentielle de pesanteur (ou gravifique) est l'énergie qu'un corps possède du fait de sa position en hauteur dans un champ de pesanteur. Un objet soulevé de la hauteur hh stocke une énergie potentielle égale au travail qu'il a fallu fournir pour le soulever contre la force d'attraction terrestre.

Pour élever un solide de masse mm de AA vers BB, on doit exercer une force exactement opposée au poids (F=G\vec{F}=-\vec{G}). Le travail requis vaut :

WAB(F)=WAB(G)=G×h=mg×(hBhA).W_{AB}(\vec{F})=W_{AB}(-\vec{G})=G\times h=mg\times(h_B-h_A).
Figure 6 — Élever un solide de AA à BB exige un travail W=mg hW=mg\,h, qui se retrouve stocké sous forme d'énergie potentielle de pesanteur.
Formule5.1énergie potentielle de pesanteur
  Ep=mgh  \boxed{\;E_p=mgh\;}
où :
  • EpE_p : énergie potentielle de pesanteur, en joules (J\mathrm{J}) ;
  • mm : masse du corps, en kilogrammes (kilogram\mathrm{kilogram}) ;
  • gg : intensité de la pesanteur, g=9,81 m/s2g=9{,}81\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2} (souvent arrondie à 10 m/s210\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}) ;
  • hh : hauteur (altitude) du corps au-dessus d'un niveau de référence, en mètres (m\mathrm{m}).
Attentionchoix de l'origine des altitudes

EpE_p dépend du niveau de référence choisi pour hh (le « zéro » d'altitude est arbitraire). Seule la variation ΔEp=mg(hBhA)\Delta E_p=mg(h_B-h_A) a un sens physique absolu : c'est elle qui compte dans les bilans d'énergie. On choisit en général Ep=0E_p=0 au point le plus bas du mouvement.

Le théorème de l'énergie potentielle

Propriété5.1théorème de l'énergie potentielle

Le travail de la force de pesanteur entre AA et BB est égal à l'opposé de la variation de l'énergie potentielle :

  WAB(G)=ΔEp=(Ep(B)Ep(A))  \boxed{\;W_{AB}(\vec{G})=-\,\Delta E_p=-\bigl(E_p(B)-E_p(A)\bigr)\;}

Autrement dit : quand le corps descend, son énergie potentielle diminue (ΔEp<0\Delta E_p<0) et le poids fournit un travail moteur (W>0W>0) ; quand il monte, son énergie potentielle augmente et le poids fournit un travail résistant (W<0W<0).

Exemple détaillé

Exemplesoulever un sac jusqu'au premier étage

On soulève un sac de masse m=50 kilogramm=50\,\mathrm{kilogram} du rez-de-chaussée jusqu'au premier étage, soit une hauteur h=6 mh=6\,\mathrm{m}. On prend g=10 m/s2g=10\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}. Quel travail faut-il fournir, et quelle énergie potentielle le sac a-t-il alors stockée ?

Calcul. Le travail requis est égal à la variation d'énergie potentielle :

W=ΔEp=mgh=50×10×6=3000J=3kJ.W=\Delta E_p=mgh=50\times10\times6=3000\,\mathrm{J}=3\,\mathrm{kJ}.

Attention au piège des unités. On pourrait être tenté d'annoncer « 3 J3\,\mathrm{J} » par simple distraction (en lisant le « 3 » du résultat sans le préfixe kilo). Le bon résultat est 3000 J3000\,\mathrm{J}=3 kJ3\,\mathrm{kJ}, soit mille fois plus. Cette énergie de 3 kJ3\,\mathrm{kJ} est maintenant stockée dans le sac : s'il retombait, le poids fournirait à nouveau 3 kJ3\,\mathrm{kJ}, qui se transformeraient intégralement en énergie cinétique (en l'absence de frottement).

6L'énergie mécanique et sa conservation

Définition

Définition6.1énergie mécanique

L'énergie mécanique EmE_m d'un système est la somme de son énergie cinétique EcE_c et de son énergie potentielle EpE_p :

Em=Ec+Ep.E_m=E_c+E_p .

Elle représente le « capital » d'énergie mécanique total du corps, à la fois sous forme de mouvement (EcE_c) et sous forme de position (EpE_p).

La conservation de l'énergie mécanique

Propriété6.1conservation de l'énergie mécanique

Pour un système isolé (soumis aux seules forces conservatives, c'est-à-dire sans frottement), l'énergie mécanique reste constante en tout point de la trajectoire :

  Em=Ec+Ep=Cte(J)  \boxed{\;E_m=E_c+E_p=\text{Cte}\quad(\mathrm{J})\;}

Il y a alors transformation continuelle d'énergie cinétique en énergie potentielle et vice versa, mais leur somme ne change pas.

où :
  • EmE_m : énergie mécanique, en joules (J\mathrm{J}), constante au cours du mouvement ;
  • Ec=12mv2E_c=\tfrac12 m v^2 : énergie cinétique (varie avec la vitesse), en J\mathrm{J} ;
  • Ep=mghE_p=mgh : énergie potentielle (varie avec l'altitude), en J\mathrm{J}.
Figure 7 — Conservation de l'énergie mécanique. À gauche, une bille descend dans une cuvette lisse. À droite, le diagramme d'énergie : en AA tout est potentiel, en OO tout est cinétique, et la somme Em=Ec+EpE_m=E_c+E_p (pointillés) reste constante.

Exemples détaillés

Exempleune bille qui remonte une pente : hauteur indépendante de l'inclinaison

Une bille glisse sans frottement sur un plan horizontal à la vitesse v0v_0, puis aborde une pente et remonte jusqu'à un point BB où sa vitesse s'annule (vB=0v_B=0). Jusqu'à quelle hauteur hh monte-t-elle, et cette hauteur dépend-elle de l'inclinaison de la pente ?

Conservation de l'énergie. Sans frottement, EmE_m se conserve. En prenant Ep=0E_p=0 sur le plan horizontal :

Ec(bas)+Ep(bas)12mv02+0=Ec(B)+Ep(B)0+mgh.\underbrace{E_c(\text{bas})+E_p(\text{bas})}_{\frac12 m v_0^2+0} =\underbrace{E_c(B)+E_p(B)}_{0+mgh}.

On en tire :

12mv02=mghh=v022g.\tfrac12 m v_0^2=mgh\quad\Longrightarrow\quad \boxed{\,h=\dfrac{v_0^2}{2g}\,}.

Interprétation. La hauteur atteinte h=v022gh=\dfrac{v_0^2}{2g} ne dépend ni de la masse mm (elle se simplifie), ni de l'angle de la pente : elle n'est fixée que par la vitesse initiale v0v_0 et par gg. Si l'on rend la pente plus raide, la bille monte sur une distance plus courte le long de la pente, mais atteint exactement la même hauteur. À l'inverse, sur une pente nulle (β=0\beta=0^{\circ}), la bille ne s'arrête jamais (principe d'inertie) : aucune montée, donc aucune conversion d'énergie cinétique en potentielle.

Exemplelancer vertical : hauteur maximale d'un objet

On lance verticalement vers le haut un objet de masse m=50 g=0,05 kilogramm=50\,\mathrm{g}=0{,}05\,\mathrm{kilogram} avec une vitesse initiale v0=10 m/sv_0=10\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. On néglige la résistance de l'air et on prend g=10 m/s2g=10\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}. Quelle hauteur maximale hmaxh_{\max} atteint-il ?

Conservation de l'énergie. Au point le plus haut, la vitesse est nulle (v=0v=0), donc toute l'énergie cinétique de départ s'est transformée en énergie potentielle :

12mv02=mghmaxhmax=v022g=1022×10=10020=5m.\tfrac12 m v_0^2=mg\,h_{\max}\quad\Longrightarrow\quad h_{\max}=\frac{v_0^2}{2g}=\frac{10^2}{2\times10}=\frac{100}{20}=5\,\mathrm{m}.

Conclusion. h_=5 m5\,\mathrm{m}. Comme pour la bille, la masse n'intervient pas : un objet de 50 g50\,\mathrm{g} et un objet de 5 kilogram5\,\mathrm{kilogram} lancés à 10 m/s10\,\mathrm{m}/\mathrm{s} montent à la même hauteur (sans frottement). Vérifions la cohérence des énergies : EcE_c initiale =12×0,05×102=2,5 J=\tfrac12\times0{,}05\times10^2=2{,}5\,\mathrm{J}, et EpE_p finale =0,05×10×5=2,5 J=0{,}05\times10\times5=2{,}5\,\mathrm{J} : l'énergie mécanique Em=2,5 JE_m=2{,}5\,\mathrm{J} est bien conservée.

7L'énergie potentielle élastique

Le ressort : période et fréquence

Définition7.1énergie potentielle élastique

L'énergie potentielle élastique est l'énergie stockée dans un système élastique (un ressort, par exemple) lorsqu'on l'écarte de sa position d'équilibre. Comprimé ou étiré, le ressort « emmagasine » de l'énergie qu'il restitue en revenant à sa position initiale.

Considérons un ressort vertical de constante de raideur kk, fixé en haut, auquel on attache une masse mm (figure 8). Si on l'écarte de sa position d'équilibre puis qu'on le relâche, l'ensemble oscille.

Figure 8 — Ressort vertical de raideur kk. À gauche, position d'équilibre (x0=0x_0=0). À droite, le ressort est étiré d'une élongation xx par la masse mm : il stocke alors une énergie potentielle élastique.
Formule7.1période et fréquence des oscillations
  T=2πmk    f=1T=12πkm  \boxed{\;T=2\pi\sqrt{\dfrac{m}{k}}\;}\qquad\qquad \boxed{\;f=\dfrac{1}{T}=\dfrac{1}{2\pi}\sqrt{\dfrac{k}{m}}\;}
où :
  • TT : période (durée d'une oscillation complète), en secondes (s\mathrm{s}) ;
  • ff : fréquence (nombre d'oscillations par seconde), en hertz (Hz\mathrm{Hz}), avec 1 Hz=1/s1\,\mathrm{Hz}=1/\mathrm{s} ;
  • mm : masse attachée, en kilogrammes (kilogram\mathrm{kilogram}) ;
  • kk : constante de raideur du ressort, en newtons par mètre (N/m\mathrm{N}/\mathrm{m}).

Plus le ressort est raide (kk grand), plus il oscille vite (TT petit, ff grande) ; plus la masse est lourde (mm grand), plus il oscille lentement.

L'expression de l'énergie élastique

À l'instant tt, pour un ressort non amorti écarté d'une élongation xx, l'énergie potentielle associée à la force de rappel est :

Formule7.2énergie potentielle élastique
  Ep=12kx2  \boxed{\;E_p=\tfrac12\,k\,x^2\;}
où :
  • EpE_p : énergie potentielle élastique, en joules (J\mathrm{J}) ;
  • kk : constante de raideur du ressort, en newtons par mètre (N/m\mathrm{N}/\mathrm{m}) ;
  • xx : élongation (écart à la position d'équilibre), en mètres (m\mathrm{m}).

Comme pour l'énergie cinétique, la dépendance est en carré (x2x^2) : doubler l'élongation quadruple l'énergie élastique stockée.

Remarquele travail comme aire du graphe F(x)F(x)

La force de rappel d'un ressort vaut F=k xF=k\,x (loi de Hooke) : elle croît linéairement avec l'élongation. Le travail fourni pour étirer le ressort de 00 à xx est donc l'aire du triangle sous la droite F(x)F(x) : W=12×x×(kx)=12kx2=Ep.W=\tfrac12\times x\times(kx)=\tfrac12 k x^2=E_p. On retrouve bien l'expression de l'énergie élastique (figure 9). Sans frottement, l'énergie mécanique Em=Ec+Ep=CteE_m=E_c+E_p=\text{Cte} se conserve sur une période.

Figure 9 — Force de rappel d'un ressort en fonction de l'élongation. L'énergie potentielle élastique est l'aire du triangle sous la droite F=kxF=kx.

Exemple détaillé

Exempleénergie stockée par un ressort étiré

On étire un ressort à partir de sa position détendue (x0=0x_0=0). La mesure de la force FF en fonction de l'élongation Δx\Delta x donne une droite : F=2,5 NF=2{,}5\,\mathrm{N} lorsque Δx=10 cm\Delta x=10\,\mathrm{cm} (figure 9). Quelle est l'énergie potentielle élastique emmagasinée à x=10 cmx=10\,\mathrm{cm} ?

Étape 1 — constante de raideur. La pente de la droite F=kxF=kx donne kk. Avec x=10 cm=0,10 mx=10\,\mathrm{cm}=0{,}10\,\mathrm{m} :

k=Fx=2,50,10=25N/m.k=\frac{F}{x}=\frac{2{,}5}{0{,}10}=25\,\mathrm{N}/\mathrm{m}.

Étape 2 — énergie élastique.

Ep=12kx2=12×25×(0,10)2=12×25×0,01=0,125J.E_p=\tfrac12 k x^2=\tfrac12\times25\times(0{,}10)^2=\tfrac12\times25\times0{,}01=0{,}125\,\mathrm{J}.

Vérification par l'aire. L'aire du triangle sous la droite vaut 12×base×hauteur=12×0,10 m×2,5 N=0,125 J\tfrac12\times\text{base}\times\text{hauteur}=\tfrac12\times0{,}10\,\mathrm{m}\times2{,}5\,\mathrm{N}=0{,}125\,\mathrm{J} : on retrouve le même résultat.

Conclusion. E_p=0,125 J0{,}125\,\mathrm{J}. Notons que si l'on doublait l'élongation (20 cm20\,\mathrm{cm}), l'énergie ne doublerait pas mais quadruplerait (car Epx2E_p\propto x^2), atteignant 0,5 J0{,}5\,\mathrm{J}. Lorsqu'on relâche le ressort, cette énergie est restituée et se convertit en énergie cinétique de la masse.

8La quantité de mouvement

Définition

À côté de l'énergie, une autre grandeur caractérise « l'élan » d'un corps en mouvement : la quantité de mouvement. Contrairement à l'énergie, c'est une grandeur vectorielle.

Définition8.1quantité de mouvement

La quantité de mouvement d'un corps est le produit de sa masse par son vecteur vitesse. Dans un sens choisi du mouvement :

quantiteˊ de mouvement=masse×vitesse.\text{quantité de mouvement}=\text{masse}\times\text{vitesse}.
Formule8.1quantité de mouvement
  p=mv  \boxed{\;\vec{p}=m\,\vec{v}\;}
où :
  • p\vec{p} : quantité de mouvement, en kilogramme-mètre par seconde (kilogramm/s\mathrm{kilogram}\mathrm{m}/\mathrm{s}) ;
  • mm : masse du corps, en kilogrammes (kilogram\mathrm{kilogram}) ;
  • v\vec{v} : vecteur vitesse, en mètres par seconde (m/s\mathrm{m}/\mathrm{s}).

p\vec{p} a la même direction et le même sens que la vitesse v\vec{v}. Plus un corps est massif et rapide, plus sa quantité de mouvement est grande, et plus il est « difficile à arrêter ».

Exemple détaillé

Exempleune voiture et un camion à la même vitesse

Une voiture de masse m1=2000 kilogramm_1=2000\,\mathrm{kilogram} et un camion de masse m2=4 t=4000 kilogramm_2=4\,\mathrm{t}=4000\,\mathrm{kilogram} roulent à la même vitesse v=80 km/hv=80\,\mathrm{km}/\mathrm{h}. Comparons leurs quantités de mouvement.

Étape 1 — vitesse en m/s\mathrm{m}/\mathrm{s}.

v=803,622,2m/s.v=\frac{80}{3{,}6}\approx22{,}2\,\mathrm{m}/\mathrm{s}.

Étape 2 — quantités de mouvement.

p1=m1v=2000×22,244400kilogramm/s,p2=m2v=4000×22,288800kilogramm/s.p_1=m_1 v=2000\times22{,}2\approx44400\,\mathrm{kilogram}\mathrm{m}/\mathrm{s},\qquad p_2=m_2 v=4000\times22{,}2\approx88800\,\mathrm{kilogram}\mathrm{m}/\mathrm{s}.

Conclusion. Le camion possède une quantité de mouvement deux fois plus grande que celle de la voiture (p2=2 p1p_2=2\,p_1), car il a la même vitesse mais une masse double. C'est donc le camion qui sera le plus difficile à arrêter : à vitesse égale, il faut une force plus grande (ou une distance de freinage plus longue) pour annuler une quantité de mouvement plus grande. De plus, si l'on augmente la vitesse d'un véhicule, sa quantité de mouvement augmente proportionnellement, et son freinage devient d'autant plus difficile.

9Synthèse

Carte mentale de la fiche

Figure 10 — Vue d'ensemble des grandeurs de la fiche et de leurs relations.

Tableau récapitulatif

GrandeurFormuleUnités et remarques
Travail d'une forceWAB=F ABcosαW_{AB}=F\,AB\cos\alphaJ\mathrm{J} ; signe donné par cosα\cos\alpha
PuissanceP=WΔt=FvcosαP=\dfrac{W}{\Delta t}=F v\cos\alphaW\mathrm{W} =J/s=\mathrm{J}/\mathrm{s}
Énergie cinétiqueEc=12mv2E_c=\tfrac12 m v^2J\mathrm{J} ; varie comme v2v^2
Th. énergie cinétiqueW=Ec(B)Ec(A)\sum W=E_c(B)-E_c(A)relie travail et variation de vitesse
Én. pot. de pesanteurEp=mghE_p=mghJ\mathrm{J} ; g=9,81 m/s2g=9{,}81\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}
Th. énergie potentielleW(G)=ΔEpW(\vec{G})=-\Delta E_ple poids est une force conservative
Én. pot. élastiqueEp=12kx2E_p=\tfrac12 k x^2J\mathrm{J} ; kk en N/m\mathrm{N}/\mathrm{m}
Énergie mécaniqueEm=Ec+Ep=E_m=E_c+E_p= Cteconservée si pas de frottement
Période / fréquence (ressort)T=2πmkT=2\pi\sqrt{\tfrac{m}{k}} ; f=1Tf=\tfrac1Ts\mathrm{s} ; Hz\mathrm{Hz}
Quantité de mouvementp=mv\vec{p}=m\vec{v}kilogramm/s\mathrm{kilogram}\mathrm{m}/\mathrm{s} ; vectorielle

Formulaire et points-clés à retenir

MémoL'essentiel en six points
  1. Travail : W=F ABcosαW=F\,AB\cos\alpha. Le signe du travail (moteur, nul, résistant) est donné par cosα\cos\alpha. Une force perpendiculaire au déplacement (normale, centripète, poids à l'horizontale) ne travaille pas ; le frottement travaille négativement.
  2. Puissance : P=W/ΔtP=W/\Delta t. À travail égal, le système le plus puissant est le plus rapide. Pour une vitesse connue, P=FvcosαP=Fv\cos\alpha.
  3. Théorème de l'énergie cinétique : W=ΔEc=12mvB212mvA2\sum W=\Delta E_c=\tfrac12 m v_B^2-\tfrac12 m v_A^2. Comme Ecv2E_c\propto v^2, tripler la vitesse multiplie EcE_c par 99.
  4. Énergie potentielle : de pesanteur Ep=mghE_p=mgh ; élastique Ep=12kx2E_p=\tfrac12 k x^2. Le poids vérifie W(G)=ΔEpW(\vec{G})=-\Delta E_p.
  5. Conservation de l'énergie mécanique : sans frottement, Em=Ec+Ep=E_m=E_c+E_p= Cte. Les hauteurs et vitesses se déduisent l'une de l'autre sans connaître la trajectoire, et indépendamment de la masse (ex. : h=v22gh=\tfrac{v^2}{2g}).
  6. Quantité de mouvement : p=mv\vec{p}=m\vec{v} (vectorielle, en kilogramm/s\mathrm{kilogram}\mathrm{m}/\mathrm{s}). Plus un corps est massif et rapide, plus il est difficile à arrêter.

Fin de la Fiche 5 — Travail, énergie et puissance. Cours rédigé d'après l'extrait du livre (lu par OCR) ; toutes les figures ont été tracées en TikZ.